‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 68 sur 396 · Ibid., II · texte numérisé non relu

Ibid., II

(calle Ancha) en mendiant, Eleonor Zapila fut frappee du contraste entre la distinction du visage et des mains et 1'accoutrement de ce pauvre. Elle pensa qu'elle avait devant elle tin jeune homme bien ne; et dans son indignation, elle 1'apostropha d'un ton de reprimande : II faut que vous soyez tout a fait perdu, pour aller ainsi par le monde; retournez a la maison de vos parents, d'ou vous etes, je pense, echappe, pour mener a 1'aventure une vie d'enfant perdu. Inigo repartit, avec humilite : Je vous remercie des avis que vous me donnez; vous le dites fort bien, je suis un enfant perdu et un grand pecheur. Lorsque Eleonor Zapila entendit ces paroles, remuee jusqu'au fond de r&me par cet accent et cet air modestes, elle s'empressa de donner au pelerin Paumdne et des provisions pour son voyage.

Durant ce sejour de quelques semaines dans la capitale de la Catalogue, Inigo ne connait done d'autre teneur de vie que celle de Manrese; il mendie son pain, il visite les eglises, il assiste aux offices. II cherche aussi, c'est lui-meme qui le note 1 , a rencontrer des amis de Dieu pour s'animer a un plus ardent amour de son unique Maitre. Nombre de couvents de Barcelone, et meme des ermitages hors de la ville, durent recevoir sa. visite. Nulle part il ne rencontra une dme qui put 1'aider comme il desirait. Toutefois il semble avoir frequente volontiers la maison des hieronymites de la place du Padro. D'apres 1'Annaliste, Sor Mariana Edo, la soeur touriere Antonio Strada et la soeur Benigna Vicent avaient avec Inigo de saints entretiens; et du monastere on envoyait des aliments au pelerin a 1'hopital Saint-Lazare, alors voisin du couvent. Quand il reviendra de Jerusalem, le pelerin reconnaissant offrira aux hieronymites un coffret de bois, rempli de pierres et de fleurs de Terre sainte, qui se conserva longtemps au couvent comme un reliquaire de prix 2 .

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