Id
patron d'une barque legere, manoeuvred a 1'aviron et a la voile. II y eut encore quelques aventiires, le batelier etant im ivrogne. Enfin, le mardi 13 Janvier, vers dix heures du matin, les pelerins debarquerent a Venise. Us avaient quitte Jaffa depuis trois mois et demi 1 .
De toutes les peripeties que nous venons de center, Inigo, dans ses confidences a Gonzales, n'a rien detaille. II se contente d'une phrase : le petit navire ou nous etions, souffrit beaucoup de traverses et a la fin nous touchsimes terre en Apulie 2 . Dans ce resume dedaigneux des tribulations endurees, l'me tres forte du pelerin se revele. Au milieu des elements dechaines et des compagnons dans 1'angoisse, lui, surement, avait garde son calme et chantait avec le psalmiste : K Le Seigneur me conduit, rien ne me manquera.
Au surplus, il se contentait de peu. Pour le garantir contre les rigueurs de 1'hiver, il n'avait que des vetements miserables. Son pantalon de toile lui allait a mi-jambe; son gilet noir etait tout dechire aux epaules, et son surtout court et ripe. C'est en cet equipage qu'il arriva a Venise, au milieu de Janvier 1524. Dans la rue, il rencontra 1'un de ses bienfaiteurs, lequel par compassion, lui donna 15 ou 16 jules d'aumone, avec un morceau de drap qu'il plia en plusieurs doubles et mit sur sa poitrine alin de se garantir du froid s .
Venise ne devait pas longtemps retenir le pelerin. Depuis qu'il avait ete contraint de sortir de Palestine, il commen9ait a orienter autrement sa vie : il voulait retourner a Barcelone pour y etudier 4 . Par une poussee nouvelle, le Seigneur continuait discretement a 1'acheminer vers sa vraie destinee.
II prit sa route, a travers la Venetie et la Lombardie, et