‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 90 sur 396 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le projet de sejour en Palestine venait de s'evanouir, ou plutot de se briser a une impossibilite rigide comme une forte et haute muraille. Le P. Ange de Ferrare n'avait que trop raison x : durant de longues semaines, le pelerin avait touche de la main cette ferocite turque, incapable de supporter aux Lieux Saints des Chretiens a demeure. Combien moins les fils de Mahomet auraient-ils admis la propagande chretienne qu'Inigo avait en vue, bien qu'il n'en eut dit mot a la Gustodie 2 . Le Seigneur ne voulait pas que son serviteur restat a Jerusalem; les evenements le manifestaient avec evidence.

Des lors, que faire 3 ? Durant la traversee de Jaffa a Venise, les jours et les semaines n'avaient pas manque pour r&le'chir et prier. De la priere, il ne parait pas qu'Inigo ait tire des clartes decisives illuminant sa route. Si le Christ lui est apparu aux heures douloureuses du voyage 4 , 9' a ete pour le reconforter, non pour 1'eclairer sur 1'avenir. II est done reduit a peser les raisons pour et contre, a examiner, avec une raison attentive, le probleme de la conduite a tenir. Depuis Manrese, une soif ardente le brule, celle d'aider les ames ; au contact de la terre sacree ou le Sauveur pr^cha 1'fivangile et mourut en croix pour les pecheurs, cette soif est devenue plus devorante encore. Comment done, et au mieux, venir au secours de ce monde

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