LIVRE IV
RÉFXJTATION DU GNOSTICISME
B. — Critique positive
Israël et TEglise
Comme le livre III, le livre IV apporte une preuve positive des erreurs gnostiques parce qu'il y compare les paroles du Seigneur, c'est-à-dire l'Ecriture : c'est le Verbe de Dieu qui a parlé dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament.
De fait, le livre IV démontre la continuité et l'homogénéité des deux Testaments : c'est la gloire du même Messie qui resplendit dans l'un et l'autre, et dans l'un et l'autre c'est le même Dieu qui parle ; Abraham, Moïse, les Prophètes, Jésus, les Apôtres, l'Eglise ont toujours enseigné qu'il n'y a qu'un seul et même Dieu, celui qui parlait par leur bouche : leur œuvre déroule le développement progressif de la religion révélée dans l'histoire.
On mesure toute la gravité du problème qui est ici débattu : il s'agit de savoir si le Christianisme rompra avec le Judaïsme, comme les Gnostiques le veulent, comme le poussent à faire toutes les influences de l'Hellénisme; il y va de son originalité, il y va de sa vie*.
I. Cf. suprà p. 3-4, et notre Saint Irénée(Leco&re) ^ p. 105-110. — Origène a recommencé la démonstration de saintirénée, ébauchée déjà par Saint Matthieu, dans le livre IV des Principes, et dans
moïse
La Dieu de la Loi et des'Prophètes est identique
au Père du Christ
Après avoir rappelé à son ami de quel prix est Texacte connaissance des systèmes hérétiques, et combien ils sont blasphématoires à l'endroit du Créateur — ce qui, sans doute, annonce la fin du monde, — Irénée entre dans le vif de sa démonstration : le Christ n'a connu et n'a prêché qu'un seul Dieu et Père, il n'a rien su de leurs Eons, de leur Mère, de leurs Pères et de leurs Dieux; car de croire une chose et d'en ordonner une autre, c'est le fait d'un séducteur, non d'un bon maître.
Lorsque Moïse a résumé dans le Deutéronome la loi universelle qu'il avait reçue du Créateur, il a dit [xxxii, i] : « Attende y cœhim, et loquar : et audiat terra verba ex ore meo, » Et encore, lorsque David dit que Dieu est son aide, il écrit [Ps. vu, 11 et cxxm, 8] : « Adjutorium meum a Domino qui fecit cœlum et terrant. » Et Isaïe reconnaît le langage de Dieu qui a fait le ciel et la terre et qui règne sur eux [i, 2] : « Audiy cœlum, et auribus percipe, terra, quoniam Deu locutus est,,, » De même, Notre- Seigneur Jésus-Christ confesse le même Père...,
maints autres passages de son œuvre. Rien de plus curieux que de comparer les deux livres.