‹ Saint IrénéeChapitre 174 sur 181 · DE LA BÊTE · texte numérisé non relu

DE LA BÊTE

résumé de 6,000 ans d'apostasie, et d'injustice, et de perversité, et de fausse prophétie...

... Le nombre se trouve dans tous les meilleurs et les plus anciens documents ; ceux qui ont vu Jean face à face l'attestent ; la raison nous apprend que, d'après le système de numération des Grecs, les lettres donnent au nom de la Bête 666... Je ne comprends donc pas comment certains ont pu se tromper et supprimer cinq dizaines pour n'en laisser qu'une (616). L'erreur, je crois, vient d'une faute de copiste, comme il arrive : les lettres représentent des chiffres, et la lettre grecque qui veut dire 60, $', est devenue un iota {C = 10).

Cette erreur de transcription une fois commise,

certains l'ont reçue sans chercher, les uns par simplicité..., les autre par ignorance... Ceux qui ont agi sans malice... auront, je le crois, leur pardon de Dieu.

Tous les autres (seront punis)

Il faut donc en revenir au vrai nombre, 666... Mais il y a beaucoup de noms où ce nombre se retrouve ; on ne sait lequel portera celui qui doit venir (l'Antéchrist).

On ne peut dire que ce soit Evanthas, ni Lateinos, ni Titan...

... Pourtant, nous ne nous mettrons pas en peine pour cela...: s'il avait fallu que le nom fût annoncé de notre temps, nous l'aurions certainement appris

254 RUINE DE l' ANTÉCHRIST

de celui qui a vu TApocalypse. Il n'y a pas longtemps de cela ;' c'était presque de notre temps, à la fin du règne de Domitien *...

Ce que nous savons importe seul.

Lorsque l'Antéchrist aura dévasté toutes choses en ce monde, et régné trois ans et six mois, et siégé dans le Temple, à Jérusalem, alors le Seigneur viendra des cieux, sur les nuages, dans la gloire du Père ; il enverra l'Antéchrist et ses adorateurs dans une mer de feu ; il procurera aux justes l'avènement du royaume, c'est-à-dire la paix et le septième jour de sanctification... Et dans le royaume, dit le Seigneur, beaucoup viendront d'Orient et d'Occident reposer avec Abraham, Isaac et Jacob.

Le grand Jugement

Certains prétendent qu'il n'y aura pas de jugement. La venue du Christ sera donc superflue..., s'il ne

juge pas. Car il estvenu ^diviser ^ (opposer) V homme à

son père^ la fille à sa mère, la brti à la belle-mère »

I. Cette date est maintenant acceptée comme vraie par les critiques, Harnack notamment.

LE JUGÇMP^T 355

(mt. X, 35) ; « de deux qui sont dans un même lit^ il est venu prendre l'un et laisser r attire ; de deux femmes qui moudront ensemble^ l'une sera prise et Vautre laissée » (Luc, XVII, 35) ; à la fin, « // ordonnera aux moissonneurs de recueillir d'abord l'ivraie^ de la lier en gerbes, et de la brûler au feu éternel, mais de recueillir le grain dans le grenier :i^ (mt. xiii, 30 ; m, 12) ; d'appeler les agneaux pour le royaume qui leur est préparé, mais d'envoyer les boucs au feu éternel préparé par le Père pour le diable et ses anges (mt. xxv, 33). — Mais quoi, dira-t-on ? Le Verbe est-il venu pour la ruine de beaucoup et pour la résurrection de beaucoup (Luc, II, 34) ? Il est venu pour la perte de ceux qui ne croient pas en lui, qu'il a menacés d'une condamnation plus redoutable que celle de Sodome et Gomorrhe (Luc, x, 12). Il est venu pour la résurrection de ceux qui croient (en lui) et font la volonté de son Père qui est dans les cieux. Si donc la venue du Christ a lieu pour tous également, elle juge et sépare ceux qui croient de ceux qui ne croient pas ; car c'est librement que ceux qui croient font sa volonté, et c'est librement que les autres... s'éloignent de sa doctrine. Et cela est évident, parce que son Père a donné à tous les hommes semblable nature, même raison, même libre arbitre...

Tous ceux qui lui gardent leur amour, il communie avec eux. Communier avec Dieu, c'est avoir la vie et la lumière, c'est jouir de tous les biens qui sont en lui. Tous ceux qui s'écartent de lui de propos délibéré, il leur donne ce qu'ils ont choisi, la

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séparation d'avec lui. Être séparé de Dieu, c'est la mort ; être séparé de la lumière, c'est être dans les ténèbres ; être séparé de Dieu, c'est la perte de tous les biens qui sont en lui. Ceux qui les ont perdus par leur apostasie, et qui sont ainsi privés de tout bien, vivent dans tous les châtiments : non que Dieu de lui-même les punisse ; ils sont poursuivis par leur punition parce qu'ils sont privés de tous les biens. Or, les biens de Dieu sont éternels et sans fin ; voilà pourquoi leur perte est également sans fin et éternelle. Au milieu d'une lumière immense, ceux qui se sont aveuglés eux-mêmes ou qui ont été aveuglés par d'autres, sont pour toujours privés de la douceur de la lumière; ce n'est pas que la lumière les ait punis et aveuglés, c'est leur aveuglement qui leur vaut cette calamité. Et c'est pourquoi le Seigneur disait : Qui croit en moi n'est pas jugé^ c'est-à-dire n'est pas séparé d'avec Dieu : par lafoi^ il est à Dieu, Mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils de Dieu, c'est-à-dire s'est lui-même, volontairement, séparé de Dieu. « Voici le jugement: la lumière est venue dans le monde^ et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière. Car quiconque fait le mal hait la lumière^ et ne vient pas à la lumière^ de peur que ses œuvres ne soient accusées. Mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumière afin que ses œuvres soient manifestées^ parce qu'il les a faites en Dieu 7^ {Joak, m, 19-21).

Ainsi donc, parce que, en ce monde, certains courent à la lumière et par la foi s'unissent à Dieu, parce

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