‹ Saint Jean-Baptiste, l'évangile et le Canada [microforme]Chapitre 25 sur 65 · A XI · texte numérisé non relu

A XI

(3) Et tu Capharnaüm, numquid usque in cœlum exaltaberis ? Usque in infernum descendes : Quia si in Sodomis factæ fuissent virtutes quæ factæ sunt in te forte mansissent usque in hanc diem.—//ar%, X1, 23.

(4) Verumtamen dico vobis, quia terræ Sodomorum remissius erit in die judicii quam ubi.—Warz, XI, 21.

(5) Cœlum et terra transibunt, verba antem mea non præteribunt.—Ma#, AX1V, 35.

L'AMBASSADE

ne (e intime qui domine tout l'Evangile, à savoir : —- que les publicains et les courtisanes he he rtumes auront la préséance, dans les palais de la Cité Céleste, (1) sur les privilégiés, ent de qui se font un jeu de leurs privilèges ; sur les choisis, qui abusent de leur

élection ; sur les enfants gâtés du bon Dieu, qui se gâtent ; bref, sur les À : consciences qui frtent avec le St. Esprit. — (On nous pardonnera ce Dérisea- néologisme néo-continental : — c’est une expression qui en dit long.) — tour de | k Chuiee Û il laire et fortifiante vérité dl RE ette grande, cette immortelle, cette populaire et fortifiarite vérité,

Jésus-Christ l’affirme et l’affirme encore, avec une remarquable insistance ; et après l’avoir énoncée une fois, devant la multitude, il la répète à nouveau # à Je précisément à propos de Jean, pour attester que ceux qui ne veulent pas LE

croire à la parole des hommes choisis par lui pour être les prédécesseurs de ll sa puissance comme de ses bénédictions, sont les reniés de son Père régnant

ce que au plus haut des Cieux, et qu’il n’y aura pour eux pas plus de rémission que (l rées en pour les villes impénitentes dont il vient de prononcer l’anathème. dans la

C'était après son entrée à Jérusalem, et comme préambule de cette loi jusqu'alors inconnue dans la pratique des consciences humaines, il venait de

rdonné . . ne | proposer aux Princes des Prêtres, cette parabole, d’ailleurs de son côté, | éminemment politique, et dont tant de gouvernements modernes s’empres- LR on ; tu sent à l’envi, et comme avec une sorte d’affectation, de ne prendre que le eussent contre-pied déraisonnable et l’illogique mise en œuvre : la parabole de cet | sent-ils homme ayant deux fils, et disant au premier : — ‘ Va mon fils, awoura’hur | ‘< travailler à ma vigne (2) —C'est toujours awjourd hur pour les travaux du per dat ‘ divin Laboureur. — ‘* Et le fils répond : — Ncn, je n’y veux point aller ; pie D . | ‘€ puis, touché de repentir, il y va. (3) — Et le pèn abordant son autre fils, | ‘ lui. donne le même ordre, et celui-ci répond : — ‘ J'y vais, Maître, et | nssent- ‘€ puis, il n’y va pas. (4) Et Jésus dit à ses ennemis : — ‘‘ Quel est celui de (! t-elles ‘ ces deux fils qui a fait la volonté de son père ? ‘’ — (5) Et ses ennemis pe faite courbant la tête devant cette irréfutable dialectique du grand Docteur des |A PUVOITS masses, ne peuvent s'empêcher de répondre : — ‘ C’est le premier.”? (6)— | ] { ‘ | | salut Aujourd’hui, dans leurs agissements et dans leur vie autoritaire, les politivirtutes — | [. 22, (1) Amen dico vobis quia publicani et meretrices præcedunt vos in regnum Dei.— | bis, — Mat. XXI, 31. (us (2) Homo quidam habebat duos filios, et accedens ad primum dixit : Fili, vade hodie Se fernum operare in vinea mea.—#Wa/k. XXI, 25. (4 aansis- (3) Ille autem respondens ait : Nolo. Postea pœænitentia motus abiit.—WMa/k. XXI, 20. | (4) Accedens autem ad alterum dixit similiter, At ille respondens ait; Eo Domine et | i quam hon ivit, — Mark. XXI, 30. | (5) Quis e: duolus fecit voluntatem patris ? — Mntk. XXI, 30. NEA L 35. (6) Dicunt ei : primus, — Mark. XXI, 3x. |

ciens qui règnent n’ont pas même ce bon sens et cette profession de logique des Princes des Prêtres de la Synagogue, pourtant si envieux du Messie et si hostiles à ses enseignements. — Or, c’est en cet instant qu'après avoir édicté sa grande morale des publicains préférés et des courtisanes prenant, par le titre du repentir, le pas sur les raisonneuses, les cachottières et les tièdes, le souvenir de Jean revient à la pensée de Jésus dans une effusion de sa gratitude intarissable, et qu’il répète son précepte comme un hommage en l'honneur de son ancien ministre des décrets de sa Justice, martyrisé pour la Justice. — ‘ Jean était venu à vous dans les voies de l'équité, et vous ‘ n'avez pas voulu croire en lui ; mais ce sont des publicains et des courti- ‘ sanes qui ont cru en lui. Vous voyez la vérité, mais vous ne faites pas ‘“ pénitence ; — Æt il faut la pénitence pour croire.” (1)

C’est ainsi que tout se tient, tout s’enlace, tout se fond et tout s’harmonise, dans le vouloir éternel du Règne de Jésus-Christ sur la terre, et qu'on ne peut scinder ce règne en deux, pour s’en vêtir, d’une partie, la conscience individuelle et pour en dépouiller, de l’autre partie, les épaules de l'autorité civile. — La Robe du Christ est sans couture. On peut la tirer au sort, si l’on veut, mais on ne la partage pas.

C’est ainsi qu'un Diplomate Autrichien, qui fait hautement profession d’ultramontanisme, a pu dire, avec une grande justesse de vues sociales: ‘“ Nos politiques utilitaires d'aujourd'hui n’ont pas méme sa pénétration ? (I parle de Machiavel. ). — ‘ et leur faculté d'observation ne s’arrête pas ‘même aux faits les plus saillants. Ils sont encore moins capables de << comprendre que le swmmum utile et le sumum jus doivent être identiques, ‘ si le terme “ 7ws’” a uñe signification quelconque. Leur tort est d'ignorer “qu’il y a un gouvernement surnaturel et de se persuader qu’il n'existe pas ‘ de vérité absolue. — L'Eglise n’est pas un hospice pour les âmes languis- “santes ; le Christianisme n'est pas seulement un système hygiénique pour ‘l'individu. Si Notre Sauveur nous a appris à dire : ‘* Adveniat regnum fuum . .. sicut in cœlo ef in terra, ‘’ il veut que la vérité révèlée pénètre ‘ l'humanité entière, non seulement dans ses membres, mais l'humanité ‘ constituée en Société, c’est-à-dire, la Famille, la Commune et l'Etat. Ces ‘ principes ont été la règle de l'Eglise dans l'éducation de l'Europe ; la ‘ condition de son existence est de si conformer. (2)

{1} Venit enim ad vos Joannes in via justiti® et non crediditis ei. Publicani autem et

meretrices credidemunt ei. Vos autem videntes nec pœænitentiam habuistis postea ut crederitis ei. — Math, XXI, 32.

(2) XX Quel est l'avenir de l'Europe ? Menève 1871.

Le Û PA nu È * L'AMBASSADE, Ke LE | v N il (ss u Corozaïn ! Berthsaïda ! Capharnaüm ! Quel exemple à tirer du sort de iii Fe ces Cités, surtout pour les nations privilégiées, pour les races bénies dès leur | PAT berceau ! Car, voyez, — le Christ nous l’affirme, — ces villes ne se sont |l ri attiré l’exprobration du Ciel et l’expropriation de la terre, que parce qu'une | ok die immensité de vertus s'étaient opérées en elles, et qu'elles n'avaient pas voulu 14 ue faire pénitence de ieurs égarements. (1) C'est la loi suprême des dons de | 14 os Dieu. EST scires donum Dei !'” ‘A quiconque a été beaucoup donné il fe 5. < lui sera beaucoup demandé ; et il sera requis bien davantage de ceux à LAN É. ‘qui il aura été beaucoup confié. ?’ (2) | | pe Corozaïm, Bethsaïda, Capharnaïüm ! Principautés terrestres anathéma- je tisés de Dieu, au sujet de leurs oublis des prédications de St. Jean-Baptiste ! be s'har- — La signification hébraïque du nom de ces trois villes de la Décapole, de ll e, et ces reines déchues du Lac de Tibériade et des rives du Jourdain, se lit ainsi : |f je, la Pour Corozaïn : — ‘ Zeé est le Mystère ; ‘’ — pour Bethsaïda : — “ Za | paules Maison des Fruits '"—et pour Capharnaïüm ;—** Ze Champ du Repentir. — fi tirer Ah ! puisse le Canada catholique, le Canada, client du Divin Précurseur, se faire de la trilogie de ces exergues de Puissances tombées et de Cités qui sont pe. mortes,comme un trépied de sa vertu nationale, de sa virilité politique et de ses | ession réveils sociaux. — ‘ Zi est le Mystère.’ — Qu'il croie au mysticisme, à ce | iales : mysticisme fortifiant et régénérateur, qui est le surnaturel dans l'Etat : — ion ?? qu’il soit la Maison des Fruits de l'Eglise, et non un figuier qui ne porte que € pas des rameaux et des feuillages ; —et qu’il devienne le Champ du Repentir, car de ce sera, pour lui, le sillon de ses prospérités et le patrimoine inaliénable de iques,

sa gloire. | rnorer

e pas guisè pour | 24/10) O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — PATER | Énètre NOSTER QUI ES IN CŒLIS; — Jésus, son Fils Unique, fait Homme anité par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel Ces de toutes les nations du monde ; et Vous, ÆEsprit-Saint, qui procédez du Le ; la Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de l'incommensurabie amour, qui seul, pouvez éclairer nos tntelligences, féconder nos volontés, | pacifier, purifier et sanctifier nos cœurs ; — les tentations nous enveioppent |

PRIÈRE

tem et crede- (1) Tunc cœpit exprobrare civitatibus in quibus factæ sunt plurimæ virtutes ejus quia | fon agissent pœænitentiam., —/Matk. XI, 20.

(2) Omni autem cui multum datum est, multum quœretur ab eo. Et cui commenda- ee | verunt multum, plus petent ab eo, — Zuc XII, 48.

de toute part ; elles sont, cu temps où nqus vivons, plus fortes, plus variées, Plus subtiles et plus universellement répandues que jamais ; si bien que la vraie dénomination de notre siècle pourrait être : Le Siècle des Tentations. ÆAass, Seigneur ! Faites qu'elles soient pour nous ce que vous nous avez appris sur leur compte, par la bouche de votre Apôtre surnommé l'Enfant du Tonnerre, — car le Tonnerre représente si bien la Tentation de la nature terrestre, — c'est-à-dire, qu'elles deviennent pour nous ‘la probation de notre foi et le gage d'une couronne plus brillante de nos béatitudes espérées.'" Delivrez-nous donc de toute tentation, et ponr opérer cette délivrance, soyez-nous présent en tout et pour tout ; en tout ordre humain et pour tout ordre divin. — ET NE NOS INDUCAS IN TENTATIONEM.

Nous vous demandons cette grâce, pour da Chrétienté tout entiere, et shécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St Jean-Baptiste, et en mémorial de cette AMBASSADE qu'il envoya à Notre Seigneur Fésus-Christ, laquelle contiendra perpétuellement pour nous la signification de rester au milieu de toutes nos épreuves, sans découragement ef sans transaction, en intimité pratique d'union avec le Christ et avec son Eglise. —AMEN,

LA MORT

Page 1