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Hymne de l'office du Saint-Saerement

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turel, il lui était donné, privilège incomparable, de rencontrer le Messie en personne, de se trouver directement en face de lui et près de lui. Entre le Christ et lui point d'intermédiaire. Rien qui vînt altérer à ses yeux cette splendeur, jeter des ombres fâcheuses sur cette beauté. Pour nous, prêtres, quelle différence ! nous ne voyons, rencontrons et touchons de toutes parts que des hommes enveloppés d'infirmités et de passions. Nous effacer devant le Sauveur, sous le moindre rayon de sa gloire, nous oublier, nous cacher, disparaître (iaiis sa lumière, nous le ferions 1 C'est en to.ite vérité que nous nous écrierions à notre tour: « Oportet illum crescere, me aulem niinui. » Car nous proclamons son infinie i>upériorité sur nous, nous l'adorons, nous l'aimons ! Mais où est le Sauveur'?

Mon frère dans le sacerdoce, qui tiendriez ce langage, ne vous laissez pas entraîner à ce piège de l'adversaire, ni séduire à ce pauvre sophi.'>me.

Où est le Sauveur? où est le Maître, et le Dieu et l'ami, devant qui vous déclarez vouloir très-sincèrement vous effacer jusqu'à l'oubli complet? Il est partout où se rencontre un prêtre comme vous. Le sacrement sublime qui vous a fait, vous, « un autre Christ », n'a pas eu pour vdus seul cette puissance et cette efficacité. De grâce, ne l'oubliez pas.

Qu'importent à ce compte les insuffisances, ombres et lacunes qui vous blessent, le vêlement de faiblesses et de iTiiséres dont se recouvre à vos regards votre égal dans l'honneur incomparable du sacerdoce ? Il vous a des obligations, il est votre inférieur sur plus d'un point.... qu'importe ? On vous aborde comme autrefois Jcan-Bapiiste, « Rabbi (maîlre) ! Celui que vous avez tiré de l'obscurilé, qui vous doit son éducaiion cléricale, dont vous avez encouragé les premiers efforts, dont les talents et qualités n'at-

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teignent pas les vôtres, il s'en faut, celui-là baptise ! Tout le monde va à lui, « omnes veniunt ad eum. ^

Avec le Précurseur, dans le calme souverain de votre âme, répondez : Nul ne possède rien qu'il ne l'ait reçu de Dieu. J'ai ma part d'action et de labeurs, d'autres en ont une autre. 11 ne m'appartient pas de mesurer les tâches faites à chacun do nous par l'infinie sagesse du Père qui est dans les cioux !

Dites encore : L'Ami de l'époux se tient à côté de l'époux, et jouit de son bonheur. Jésus, c'est vou squi, pour accomplir votre œuvre, vous servez aujourd'hui de cet élu de votre tendresse, comme hier vous vous serviez de moi. Votre divine union avec les âmes en est facilitée, je ne désire rien d'autre. Ma joie est remplie. Ce n'est point assez de paraître me soumettre ; je veux qu'on sache que je suis heureux et que je le proclame : « Hoc gaudium meian impie tum est. »

Dites encore : « Il faut qu'il grandisse et que je diminue. )> 0 Jésus ! si le plus imperceptible accroissement de voire gloire est attaché à tels triomphes, à tels succès dont je serais tenté de me plaindre, je les accepte de grand cœur. J'accepte que ma notoriété pâlisse, que mon influence soit balancée, que mon crédit tombe, pourvu que votre honneur s'élève. C'est vous que je vois, c'est vous que je veux voir ^

Allons plus loin. Faisons l'hypothèse la plus défavorable. Supposons que sur notre route, à nos côtés, sous notre toit peut-être, au lieu d'un frère ou d'un fils dont le seul tort contre nous serait d'attirer plus que nous l'uttention, nous ayons un de ces êtres au cœur et à l'esprit fâcheux, qui véritablement trahissent le devoir. La supposition, hélas!

1. Méditer aUentivenient à ce sujet sur quelques versets de l'Évangile selon saint Marc, ix, 37.

n'est pas chimérique. Ce qu'il entre en quelques âmes de choses répréhensibles est à peine croyable, surtout quand certaines illusions, celles dont nous avons parlé tout à l'heure, les viennent enlacer. On est obligé do reconnaître que les règles les plus élémentaires de la droiture et de l'honneur ne leur sont pas toujours sacrées, qu'elles n'hésitent pas, dans leur ardeur à voir le but, à user de moyens équivoques, pour ne rien dire davantage. C'est alors que le prétexte d'entrer en lutte ouverte et la tentation de prêter l'oreilie à toutes les suggestions accusatrices sont au comble.

Mon frère, nul ne vous demande, nul ne peut vous demander de vous abandoinier sans protestation à des procédés injustes. Mais, si, vos réclamations légitimes une fois exprimées, vos précautions prises, les mêmes abus continuent de se produire, cependant le bien se fait, essayez de ne plus vous plaindre.

De la résignation qui déjà sera un grand mérite essayez de vous élever à l'acceptation joyeuse et souriante : Saint Paul nous donne l'exemple. Entendez-le: « Quidam ex contentione Christum annuntiant non sincère. » Ceux-là, vous les connaissez, vous croyez les connaître, « existimantes se suscitare pressiiram vinculis nieis; » c'est encore la même chose, on cherche à vous molester, « Quid enim? dum omni modo, sive per occasionem, sive per veritatem Christus annuntietur! » Qu'importe? pourvu que le Christ soit annoncé ! Le nom du Christ, la pensée du Christ, l'amour du Christ, jettent un rayon sur toutes les laideurs, les enveloppent et les cachent. Et alors, en définitive, c'est la joie ! « in hoc gaudeo et gaudebo '. »

On en vient là par un élan courageux de foi. On monte

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