VI RAPPORT
avec une impeccable prudence, rejetant ce qui est frelaté, se dégageant de ce qui est paradoxal, se défiant du culte de l'idole du sens propre, se gardant de toute curiosité téméraire, aussi bien que de toute inepte crédulité.
La droiture d'intention ne se manifeste pas moins dans ce volume que la sûreté de discernement. La critique n'étant que l'usage du bon sens guidé par une méthode sûre, il n'y a rien de surprenant à ce que M. Fouard ait soumis tout son sujet à l'épreuve d'un rigoureux contrôle. Mais, critique lui-même, et critique de premier ordre, il n'a pas cet esprit critique qui, selon Bossuet, « rend les hommes détermi- « natifs et leur fait préférer leur goût et leurs con- « jectures, qu'ils croient dictés par le bon sens, à « toute tradition et à toute autorité » (Dissert, sur Grotius). Selon l'avis de S. Paul (I Thess., v, 21), il ne se fait pas faute d'examiner, mais il retient tout ce qui est bon. Pénétré de respect pour la doctrine de l'Église et la tradition des Saints Pères, il ne délaisse pas les vénérables directions du passé, sur de légères apparences ou de hasardeuses conjectures. Il semble n'avoir jamais oublié la belle maxime de Mabillon : « Il n'y a point de chemin plus court pour perdre la « Foi que de vouloir trop critiquer la Foi même » [Etud. monast., part. II, ch. xm). On ne sucprend dans sa discussion aucun excès ni abus : l'œuvre peut être proposée comme modèle aux écrivains catholiques.
Le Président de la Commission d'examen des livres,
P.-E. PUYOL.