Matth. XIII, 45 seq
sa propre vie à l'effigie du Christ souffrant, à n’avoir pas de désir plus ardent que de souffrir avec le Christ et pour le Christ.
Ainsi s'explique ce qu'il écrivait au moment de s’embarquer, lorsque, Damase étant mort, des ennemis perfides qui le harcelaient de leurs vexations l’eurent fait s'éloigner de Rome: « Certains peuvent me considérer comme un criminel, écrasé sous lé fardeau de tous les forfaits, et ce n’est rien encore en comparaison de mes péchés; tu as raison cependant de croire en ton âme à # la vertu même des pécheurs... Je rends grâce à mon Dieu *: de mériter la haine du monde. Quelle partie de souf- #4 frances ai-je endurée, moi le soldat de la croix? La calomnie m'a couvert de j’opprobre du crime: mais je sais qu'avec la mauvaise comme avec la bonne réputation on parvient au royaume des cieux. »1% Et voici en quels termes il exhortait la pieuse vierge Eustochium à supporter courageusement pour le Christ les souffrances de la vie présente: « Grande est la souffrance, mais grande aussi est la récompense, à imiter les martyrs, à imiter les apôtres, à imiter ‘le Christ. Toutes ces souffrances que je viens d’énumérer paraîtront bien pénibles à qui n'aime pas le Christ; celui, au contraire, qui considère toute la pompe du siècle comme une fange immonde, pour qui tout est vanité sous le soleil, qui ne veut s’enrichir que du Christ, qui s'associe à la mort et à la résurrection de son Seigneur et qui crusifie sa chair avec se” v'ces et ses convoitises, celui-là pourra redire en toute libe:té: Qui nous séparera de la charité du Christ? »134 Jérôme goûtait donc des fruits très abondants dans