‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 51 sur 106 · LE TRAITE SUR LE SAINT-ESPRIT I · texte numérisé non relu

LE TRAITE SUR LE SAINT-ESPRIT I

lui avait servi de maître et avec qui il avait d'abord lu l'Ecclésiaste. C'est sous le couvert de son autorité que Jérôme fait connaître l'exégèse rabbinique de nombreux passages, notamment en mentionnant expressément Akiba ^. Lui-même s'attarde peu au sens littéral et se complaît aux applications typiques, touchant çà et là quelques problèmes plus importants, comme la question du mal et la Providence, ou signalant les répercussions d'ordre moral que comporte l'enseignement du livre inspiré ^. A plus d'une reprise il insiste sur le sérieux avec lequel doit se traiter la doctrine et proteste contre les beaux parleurs prêts à discourir sur n'importe quel sujet, vides d'idées, mais riches de mots sonores ^. Quelques-uns de ces développements sont particulièrement soignés, et agrémentés de citations profanes, de Salluste, de Cicéron, d'Horace, de Térence, de Virgile surtout *. Parfois cependant on a quelque peine à dégager la vraie pensée de l'auteur ou plutôt, dès ce premier travail de longue haleine, il adopte la méthode de compilation qu'il sera conduit plus tard à justifier comme un principe absolu de son exégèse : l'office de commentateur, à son avis, consiste moins à prendre parti, qu'à faire connaître aux lecteurs les diverses opinions émises sur un sujet ^.

etc. — Saint Grégoire le Thaumaturge (Gregorius Ponti episcopus) : 1049, C. — Apollinaire (Laodicenus, L. interpres): 1050, A; iiii, B. — Victorinus : 1050, B.

— Lactance (Firmianus noster): 1091, A. — Un prédicateur entendu par Jérôme lui-même : « Scio me audisse ab eo qui putabatur habere scientiam scripturarum », 1065, C. — Vir disertus : 1035, C. — In quodam libro : 1019, B ; 1036, A.

— Plerique : 1052, A, 1061, B. — Alii, 1043, C, 1052, A. — Quidam : 1038, D.

1 In Ecdesiasten (PL, XXIII, 1038, B): «Mihi vero ab hebraeo qui me in Scripturis erudivit, ita expositum est»; 1048, C, « Hebraeus meus, cuius saepe facio mentionem, cum Ecdesiasten mecum legeret »; 1053, A; 1062, C; 1082, A; 1092, A; 1093, A; Bar Akiba : 1048, C. — Exégèse hébraïque (hebraei) : 1021, A; 1034, B; 1053, C; 1067, B; 1105, A; iio6,B; 1116, A.

- Le Christ, vrai ecclésiaste : 1013-14, B. — Problème du mal : 1021, B; 1054-55. — Prescience : 1034, B; 1060, A. — Église : 1098-1100.

^Salluste (nobilis historici) : 1055, C; — Cicéron (TuUius) : 1055, B — Horace : 1032, C; 1035, C; 1036, A; 1055, B. — Térence : 1019, A, avec une anecdote sur son maître, Donat le grammairien ; — Virgile : 1017 A; trois citations, 1072, A ; 1075, B ; 1082, D ; 1091 , A ; — Qui de physicis disputant : 1068, A.

■^ Souvent l'adverbe aliter introduit les diverses opinions ou le sens typique, voir chap. XII, 1105, A. Cependant ici, comme je l'ai déjà fait remarquer, habituellement, quand il cite, saint Jérôme discute et signale une préférence, ou

138 l'établissement a BETHLEEM

Lorsque l'on passe de ce commentaire sur l'Ecclésiaste, à ceux que Jérôme a écrits, pendant la même période, sur saint Paul ^, on a l'impression très nette d'un progrès sensible, et d'une possession plus entière de la méthode. Sans doute aussi la matière s'y prêtait davantage : une épître à thème continu offre plus de facilité aux larges développements que des sentences souvent énigmatiques et sans cohésion ferme entre elles. Déplus, la doctrine chrétienne lui était plus familière et présentait par elle-même des ressources plus considérables. Cependant ce travail lui avait d'abord paru hérissé de tant de difficultés, qu'il refusa longtemps de s'y appliquer. Vainement Paula et Eustochium insistaient-elles. Les commentaires latins étaient comme inexistants : le rhéteur Victorinus avait apporté à la tâche plus de bonne volonté que de science scripturaire, et son œuvre s'en était ressentie. Restaient les Grecs : l'étonnant Origène d'abord qui pouvait fournir le fond solide^; puis Didyme «le voyant», que Jérôme avait interrogé en disciple zélé à Alexandrie, sur toutes ses difficultés scripturaires ; Apollinaire, l'auteur de la nouvelle hérésie, mais dont l'érudition et le talent d'exégète ne se pouvaient contester ; quelques autres comme Eusèbe d'Émèse ou Théodore d'Héraclée. Leurs réflexions, vivifiées par la méditation et le travail personnel, pouvaient singulièrement faciliter la tâche et rassurer le commentateur novice, au début de cette redoutable entreprise. Jérôme cependant hésitait. Enfin ses deux auditrices obtinrent qu'il essayât du m^oins de commenter la plus courte et la plus accessible des Epîtres, celle qui n'offrait rien de dogmati-

note qu'il ne prend pas l'explication a son compte (1036, A) : « Hoc utrum vere necne dictum sit suc imputetur auctori» ; 1053, A; 1065, A, C; à propos du prédicateur : 1082, A.

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