‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 69 sur 106 · PL, XXVI · texte numérisé non relu

PL, XXVI

^ Epist. LXX, ad Magnum, oratorem urbis Romae, en 397-398. On identifie ce Magnus avec le Flavius Magnus rhetor urbis aeternae, dont le sarcophage est conservé à Rome au musée du Capitole et qui, d'après l'inscription, fut le premier à recevoir la dignité de cornes primi ordinis, conférée aux rhéteurs émérites par la loi de 425 (Cod. Theod. 1. VI, tit. XXI, i). Voir dom Leclercq, art. ÉcoleSy dans DACL, t. IV (1921), c. 1767-69 et les sources qu'il cite; làmême, reproduction du sarcophage, fig. 3905.

TRAITÉS SOUS FORME d'EPITRES 189

il ne se scandaliserait pas à si bon compte. Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, il trouverait louée et utilisée la sagesse profane. Saint Paul cite les poètes grecs à plusieurs reprises. C'est le glaive arraché à Goliath et qui sert à lui trancher la tête, c'est la captive du Deutéronome, épousée après qu'on l'a transformée, en lui rasant les cheveux. D'esclave, une fois purifiée de ses taches, elle passe au rang de reine. Voilà pourquoi Lactance reproche à saint Cyprien d'avoir affaibli la démonstration chrétienne en s 'interdisant ces sources séculières, pourquoi au contraire tous les apologistes ont réfuté leurs adversaires, un Celse, un Porphyre, un JuUen, en les suivant sur leur propre terrain. La liste est longue des écrivains ecclésiastiques grecs et latins, dont la science profane ne le cédait en rien à celle de leurs contemporains : le catalogue du De Viris repasse en grande partie sous nos yeux et justifie sans peine Jérôme de suivre leurs traces. D'ailleurs, il s'en doute, Magnus l'orateur n'est qu'un comparse; derrière lui se cache le véritable adversaire qui aime tant les Histoires de Salluste qu'on peut bien l'appeler Calpurnius Lanarius ^.

Du même côté, pense-t-on, lui était venue une autre querelle, un peu plus sérieuse et qui semble l'avoir ému davantage. C'est à l'occasion de sa traduction d'une lettre de saint Épiphane à l'évêque Jean de Jérusalem ^. Mais cette querelle n'était qu'un épisode de la lutte engagée depuis quelque temps entre Bethléem et Jérusalem, entre le monastère des Oliviers et celui de la Crèche, lutte qui pendant plusieurs années allait devenir le scandale du monde chrétien. Il faut reprendre ces faits d'un peu plus haut.

^ Le sens de cette allusion nous échappe. Saint Jérôme a l'air tantôt d'identifier ce Calpurnius avec Rufin et tantôt de le distinguer, Apol. III, 32 (PL, XXIII, 480-481) : «tibi Calpurnioque respondi» : en sens opposé, Apol. I, 30 (PL, XXIII, 421, B).

^ Lettre d'Epiphane dans la correspondance de saint Jérôme (Epist. LI) ; lettre LVÎI, apologétique à Pammachius, ou De optimo génère interpretandi.

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