‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 85 sur 106 · MI, 41-44(618,6-621, A · texte numérisé non relu

MI, 41-44(618,6-621, A

l'antiorigénisme en orient 269

rite, il le regrette et s'en excuse, mais il désire libérer sa conscience et il est loin d'avoir tout dit ^. En post-scriptum, Rufin répond à une dernière objection que lui soumet un envoyé d'Apronianus, à qui il vient de lire ce qui précède : Rufin a loué dans sa préface Jérôme d'avoir si bien corrigé Origène que nulle part le lecteur ne trébuche en le lisant; pourquoi n'en a-t-il pas fait autant ? Voilà ce que disent les adversaires. Mais il en a fait autant: pour la Trinité il a corrigé, comme Jérôme l'a fait à propos des Séraphins d'Isaïe ; pour la résurrection de la chair, il n'y donne que l'enseignement des Églises; le reste touchant la création ne concerne pas la théologie et jusqu'ici nul ne s'en émouvait, mais si, comme on l'annonce, un synode suit le conseil de Jérôme et condamne tous les livres qui contiennent cette doctrine avec leurs auteurs, on condamnera les Grecs, mais aussi les Latins qui les imitent et par suite Jérôme avec Origène 2.

Pendant que Rufin composait à loisir cette apologie, saint Jérôme s'était, de plus en plus, engagé à fond dans la lutte antiorigéniste. Il était devenu le collaborateur actif de Théophile et lui servait d'intermédiaire avec l'Occident. Non content d'écrire au pape Anastase, au printemps de 400, l'évêque d'Alexandrie, tout en pourchassant chez lui les moines origénistes, s'efforçait d'étendre le théâtre des opérations et d'organiser à travers tout l'Orient la même répression. Il profita de la réunion annuelle des évêques de Palestine à Jérusalem, à l'occasion de la fête des Encénies (14 septembre), pour leur faire parvenir avec prière d'y adhérer, une lettre synodale, remplie d'accusations contre les moines origénistes, qu'il avait chassés de Nitrie. Elle avait l'allure d'un bulletin de victoire. D'autres provinces ecclésiastiques, notamment celle de Chypre, furent l'objet d'une semblable dé-

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