MI, 11-13(433, A-436,B
rôme n*ont été si mal inspirés que d'aller chercher pour leur premier travail, un livre hérétique, en le faisant précéder d'une apologie attribuée à un martyr. Que si Rufin voulait le dénoncer comme hérétique, il fallait le laisser tel quel, comme raisonne justement le pape Anastase,dans la lettre écrite contre lui à Jean de Jérusalem, lettre dont Jérôme transcrit le texte à la suite de son propre ouvrage ^. Rufin prétend ne pas défendre Origène et c'est le moment d'examiner sa fameuse Apologie de Pamphile. Impossible de relever toutes ses fautes de latin, ses mensonges, ses incohérences. Il a d'ailleurs là aussi altéré le texte pour en faire disparaître ce que l'auteur, Eusèbe, y avait mis pour favoriser l'arianisme. Soit Eusèbe, soit Didyme, témoin non suspect, puisque sur la Trinité il est catholique, reconnaissent les erreurs d 'Origène et son subordinatianisme !
Comment Rufin le défend-il ? Par sa théorie de l'interpolation, qu'on pourrait appliquer à tous les hérétiques pour les rendre orthodoxes; par des assertions fausses, sur saint Athanase, par exemple, dans sa défense de Denys d'Alexandrie; par des documents tronqués, comme la lettre d'Origène,que Jérôme reproduit tout entière, pour prouver qu'elle n'a pas le sens que lui donne Rufin; par une fausseté sur Hilaire, présenté comme condamné par un synode d'évêques; par une historiette sur Jérôme luimême, au sujet des Apollinaristes falsifiant un passage de saint Athanase; puis en attaquant, comme auteur responsable de ces accusations, saint Épiphane, qui se serait vanté faussement d'avoir lu les six mille ouvrages d'Origène, alors qu'il n'en existe pas le tiers, et qui aurait voulu par là dissimuler ses larcins. Ainsi donc l'érudition d'Épiphane qui connaît cinq langues sera une arme contre lui ! Nous avons sa lettre où il réfute cette calomnie, au temps où Rufin était encore en Orient. Et après tout cela, Rufin prétend qu'il ne défend pas Origène ! Encore une fois V Apologétique n'est pas de Pamphile. C'est parce que Rufin, en lui prêtant son manuscrit, lui en a imposé, que lui-même dans son De Viris illustribus a dit le contraire ^.
i^/)o/. II, 14 (436,8-437, A).