‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 94 sur 106 · TRAVAUX SCRIPTURAIRES · texte numérisé non relu

TRAVAUX SCRIPTURAIRES

un certain nombre de questions, sur différentes pages de l'Évangile, concernant la Passion, la Résurrection, la descente du Saint-Esprit, puis sur les épîtres de saint Paul, mais tout d'abord lui demandait conseil pour vivre selon la perfection, dans un veuvage qui la laissait sans époux et sans enfant. Jérôme s'excuse modestement d'avoir si peu de titres littéraires pour se présenter à elle, mais la science des Écritures n'a pas besoin des ornements de la rhétorique : il répondra donc simplement et brièvement aux questions posées. Une autre dame, Algasia, par le même Apodemius, lui faisait tenir un mémoire semblable contenant onze difficultés, tirées elles aussi des Évangiles et des Épîtres. Jérôme tout en la renvoyant au prêtre Alethius qui, dans sa propre ville, peut l'éclairer de vive voix, lui adresse une réponse complète ^.

Entre-temps il poursuivait activement la série des commentaires. Les petits Prophètes étant terminés, il passe aux grands et tout d'abord commente Daniel ^ avec une méthode un peu nouvelle, insistant sur les points difficiles et passant rapidement sur les autres. L'importance de Daniel était, à ses yeux, capitale, aucun prophète n'ayant prédit le Christ d'une manière plus nette, et aucun n'ayant été plus attaqué. Porphyre lui avait consacré une attention spéciale. Jérôme cite largement les auteurs qui lui ont répondu, à propos de la vision et des semaines d'années. Dans la préface, il justifie de nouveau l'omission des parties que l'hébreu ne possède pas : les récits sur Susanne, le dragon, les enfants dans la fournaise, et rappelle que ce n'est pas aux Sep-

omnes Gallias prosa versuque suo illustravit ingenio. » Sur les deux, voir ScHANZ, § 842 fin, t. IV, i,p. 187. Les lettres CXX et CXXI sont postérieures au commentaire sur Amos écrit en 406.

* Epis t. CXXI, écrite avant la précédente, mais portée par le même courrier {Hieronymiana, II, dans BLE, 1921, p. 150-151). Préface : « Habes ibi sanctum virum Alethium presbyterum qui viva, ut aiunt, voce et prudenti disertoque sermone possit solvere quae requiris. » Cet Alethius, correspondant de saint Paulin de Noie, devint évêque de Cahors.

^ Il devait s'en occuper dès 398, sur la demande de Paulin de Noie, mais la traduction du Periarchon et les incidents qui suivirent l'en détournèrent (Epist. LXXXV, 3). Le commentaire (PL, XXV, 491-584) est dédié aux deux cousins Pammachius et Marcella. Il est postérieur à celui sur Amos (406) et antérieur de quelques mois à la mort de Stilicon (août 408).

tante, mais à Théodotion que le texte de la Vulgate est emprunté. Avec Isaïe ^, Jérôme revient à sa manière ordinaire, au commentaire détaillé, expliquant à la fois le texte hébreu et les Septante, d'après le sens littéral et la tropologie ^. Depuis longtemps il avait promis ce commentaire à Paula. Il l'offre maintenant à ses enfants, Eustochium et Pammachius. Il le composera avec un soin particulier parce qu'à lui seul ce livre contient toute l'histoire du Sauveur, depuis sa naissance jusqu'à sa résurrection et à la conversion du monde. Isaïe est à la fois prophète, évangéliste et apôtre. Si détaillés que soient les commentaires, ils sont loin d'épuiser le sens mystérieux de ses prophéties. Celui-ci est le plus long ouvrage de ce genre qu'ait écrit saint Jérôme. Il comprend dix-huit livres, chacun précédé d'une courte préface pour faciliter leur distinction. Mais ces livres sont d'étendue inégale, car autant que possible, l'auteur cherche à traiter une même vision en un seul et même livre pour ne pas en interrompre l'explication. Cependant comme, plus de dix ans auparavant, il avait composé pour l'évêque Amabilis un commentaire littéral des dix grandes visions d'Isaïe sur les cités ^, il l'insère sous la forme d*un livre complet, le cinquième, dans son nouveau travail et donne à part, dans les deux suivants, le commentaire allégorique qui y correspond. De temps en temps, au cours de ses préfaces, il fait allusion à ses adversaires et particulièrement à Rufin, « le scorpion » ou « Luscius Lavinius )),dont on lui a dit qu'il attaquait son commentaire sur Daniel *. La mort de Stilicon (août 408) vint à point pour le délivrer de certaines difficultés, que son interprétation de la vision de la statue, appliquée par lui à l'empire romain, avait fait naître ^. Au cours de ce travail, plusieurs fois

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