LIVRE IV
filles, d'étoffes de poil de chèvre et de grossiers cuculles : innocentes personnes qui, .désirant peut-être revenir à l'enfance, ne font que rivaliser de grâce avec les hibous et les chouettes ^ »
A ces esquisses prises sur des femmes attachées aux églises comme diaconesses, veuves ou vierges, il en ajoute qu'il. prend parmi les femmes du monde. Il nous peint la femme savante qui récite ou chante des vers à tout propos, la prétentieuse qui mange la moitié des syllabes pour se donner un air enfantin*, la charitable orgueilleuse et violente, qui distribue ellemême ses aumônes à la porte des églises, en tête d'une armée d'eunuques, et frappe au visage une pauvresse qui lui a tendu deux fois la main\ Ces calques sont évidemment saisis sur le vif, et on devait sans peine y pouvoir attacher des noms.
Jérôme passe ensuite à la critique des hommes, « de peur qu'on ne l'accuse de ne s'occuper que des femmes ^ » Et d'abord il s'adresse aux moines hypocrites et débauchés.
natae sunt, crinem amputant, et impudenter erigunt faciès eunuchinas. Hieron., Ep. 18, p. 40.
1. Suntquœ ciliciis vestiuntur, et cucuUis fabrefactis; ut ad infantiam redeant, imitantur noctuas et bubones. Hieron., ibid,
2. Vidl nuper (nomen taceo, ne satyram putes) nobilissimam mulierum romanarum, in basilica Beati Pétri, semiviris antecedentibus, propria manu, quo religiosior putaretur, singulos nummos dispertire pauperibus. Interea (ut usu nosse perfacile est), anus quaedam annis pannisque obsita prsBcurrit, ut alterum nummum acciperet : ad quam quum ordine pervenisset, pugnus porrigitur pro denario, et tanti criminis reus sanguis eflfunditur. Hieron., Ep. 18, p. 44.
3. Sed ne tantum videar disputare de feminis... Hieron., 18, p. 40.
« O Eustochium, s'écrie-t-il, fuis comme un fléau ceux que tu verras, porter une chaîne de fer, une longue crinière de femme, malgré la défense de Tapôtre, un mauvais manteau noir, et marcher pieds nus par toute saison. Cet attiraiHà est celui du diable ^ C'est sous cette livrée que naguère Antimus et Sophronius ont fait gémir Rome par leurs scandales. Les hommes de cette espèce se glissent dans les maisons des nobles, abusent les femmes chargées de péchés, et n'ont nul souci du bien et de la vérité, qui ne sont pour eux que de vains mots. Ces faux moines sont tristes et moroses, en apparence du nioins ; mais si leurs jeûnes sont rigoureux pendant le jour, ils s'en dédommagent pendant la nuit, et mangent à s'étouffer du soir jusqu'au matin, afin de mieux jeûner ensuite. '
« Je dois le dire, quelque rougeur qui me monte au front, il y a des gens qui n'aspirent au diaconat et à la prêtrise que pour être admis plus librement près des femmes \ Chez ces prêtres et ces diacres-là, la grande sollicitude est d'avoir des vêtements bien parfumés, un pied bien contenu qui ne danse pas dans le soulier, une chevelure bouclée avec le fer, des doigts étincelants de pierreries. Ils marchent sur la pointe
i* Vîrog qiio^e fuge, quos videris catenatos; quibus femineî contra Ai^ostoliim crtue^ hircorum barba, nignim pallium, et nudi in patîentia friforis pedes. H»c omnia argumenta sunt diaboli. Hieron., Êp. 18,
2. SuBt aJii (de mel ordinis hominibus loquor) qui ideo presbyteratum et diaconatum amblunt, ut mulieres licentius videant. Hieron., ibid.