‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 177 sur 255 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

core au iv* siècle une ville assez importante ^ Dans la relation malheureusement trop résumée de ce voyage, Jérôme nous retrace cependant avec complaisance les grandes lignes de ce tableau, comme s'il avait encore vivants dans la pensée sa propre émotion et l'enthousiasme de son amie.

Ils touchaient au bout de leur pèlerinage, et Jérôme en précipite le récit. « Le jour finirait plus tôt que mes paroles, nous dit-il, si je voulais énumérer tous les lieux parcourus par la vénérable Paula*. » Il cite Capharnaûm, où nos pèlerins^ne virent plus sur le front de la ville superbe et incrédule que le signe de son châtiment ^ Traversant le lac de Génézareth (( sanctifié par la navigation du Seigneur, » ils visitèrent le désert témoin de la multiplication des pains *. Tibériade enfin les reçut dans ses murs , où le voyage se termina.

Cette dernière de toutes leurs stations ne fut probablement pour Jérôme ni la moins agréable ni la moins fructueuse. Nous avons fait remarquer avec

1. Aspiciebat procul montes Hermon et Hermoniim, et campos latissimos Galilese, in quibus Sisara et omnis exercitus ejus, Barach vincente, prostratus est; torrens Cison, qui medîam planitiem dividebat, et oppidum juxta Naîm, in qiio viduœ suscitatus estfilius, moastrabatur. Hieron., Ep. 86, p. 677.

2. Dies me priusquam sermo deficiet, si voluero c meta percurrere, quœ Paula venerabilis flde iacredibili pervagata est. Hieron.^ ibid,

8. Et tu, Capharnaûm, numquid usque in cœlum exultaberis? Usque, in infernum descendes. Matth., xi, 23.

4. Lacum Tiberiadis, navigante Domino sanctificatum ; et solitudinem, in qua multa populorum millià paucis saturata stint panibus. Hieron. Ep. 86, p. 677.

quel Soin cet admirable voyageur, partout où il passât ^ recherchait les Juifs instruits pour éauser à?ec miL , leur proposer des difficultés et s'éclairer de leurs lumières. La position exacte des endroits cités dans les Écritures, leurs noms, la signification de ces noms lui paraissaient une étude indispensable à qui veut s&isir la Bible au vif et surtout la commenter. Il disait à ce stijet que^ « de même que l'on comprend mieux les historiens grecs quand on a vu Athènes , et le troisième livre de V Enéide quand on est venu par Leucate et les monts Acrocérauniens , de la Troade en Sicile, pour se rendre ensuite à Tembouchure du Tibre : de même, on voit plus clair dans les saintes Ecritures quand on a parcouru la Judée , interrogé les souvenirs de ses antiques cités, étudié sa géographie \n « Ce travail, ajoute-t-il, j'ai pris soin de le faire avec les plus érudits des Hébreux : j'ai parcouru avec eux la contrée que proclament toutes les bouches chrétiennes ** « Or il y avait à Tibériade plus que des érudits isolés, il y existait une société de rabbins et une académie hébraïque. Après la ruine du temple et la dispersion des Juifs sous Titus, tout ce qu'il y avait de docteurs à Jérusalem et de Juifs instruits, attachés à Tancienne

1. Qiiomodo Grsecorum historîas înagis întelligunt, qui Athenas vidérint; et tertium Virgilii librum, qui a Troade per Leucatfeh et Acrocérâunià, ad Siciliam, et inde ad ostia Tiberis navigaveririt : îta Sahctam Scripturatn lucidius ihtaebitur, qui Judasam oculis contemplatus sit, et antiquàrum urbiuiti metnorlas, locorumiiue vel eadem Vôcabula/vél thiitàta cognoverit, Hieron., Prœf. in Paralip.^ t. I, p. 1418.

2. tfobis cuttB fuit, cum eruditissimiâ ftaebraebruiti, hutic làbbretn sublrè, ùt circuttiitemus proVinciam, quaiii omnes Ghrlsti eccleslàe sodant.. Hieron., ibid, ,

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