LIVRE VIII
Les monastères se trouvèrent ainsi réduits à leurs prières en commun dans leurs propres chapelles, à l'exclusion du sacrifice, et ce fut pour eux une cruelle souffrance. Jérôme, il est vrai, était prêtre, Vincentius était prêtre aussi; mais ni l'un ni l'autre, comme je Tai dit, n'avaient pu se décider jamais à remplir les fonctions sacerdotales, ils ne le purent pas davantage dans une circonstance si importante, tant étaient grandes à leurs yeux la dignité et la responsabilité du prêtreM II fallut chercher en dehors d'eux, et on chercha d'abord dans la communauté. Or, parmi les jeunes moines qui en faisaient partie, un surtout semblait réunir en sa personne toutes les qualités ap-propriées à ces difficiles fonctions : c'était Paulinien , le digne frère de Jérôme par la science autant que par l'élévation du caractère, le désintéressement et la charité.
Quoique Paulinien n'eût encore que vingt-huit ans * , âge que les gens rigides trouvaient alors insuffisant pour une ordination canonique , tout le monde le jugeait digne du sacerdoce. Les monastères le souhaitaient pour eux, et Jean lui-même, à une époque où il vivait en bonne intelligence avec les moines, l'avait menacé plus d'une fois de l'ordonner malgré lui et de l'attacher à son clergé ^ Paulinien avait tou-
i. Quum sancti presb3rtori Hieronymus et Vincentius, propter verecundiam et humilitatem, nollent débita... exercera sacrificia. Epiphan Ep. ad Joann. Jerosol., ap. Hieron., Ep, 110, p. 822.