‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 41 sur 255 · LIVRE II. r · texte numérisé non relu

LIVRE II. r

sières et violentes aux yeux de qui une nouveauté était un crime. Pour échapper à ce « pilote inepte d'un navire fracassé S » — ce sont les paroles qu'il emploie* dans sa colère, — Jérôme s'enfuit avec son frère Paulinien au fond d'une campagne. Faisant allusion à cette première retraite, il écrivait plus tard dans une circonstance semblable : « Nous sommes venus en fugitifs demander aux champs la paix que notre patrie nous refuse. Nous ne voulons rien avoir à démêler avec personne, et nous croyons que. s'il faut déférer aux évêques, quand ils enseignent la véritable foi, les respecter, les honorer comme des pères, nous ne sommes pas tenus de trembler sous eux comme sous des maîtres \ »

La paix lui manqua là comme ailleurs. Soit que Vhydre^ (comme il appelait Lupicinus) l'y poursuivît encore, soit qu'il se dégoûtât finalement d'un travail intérieur sans résultat, il dit adieu à son frère, et partit brusquement pour Aquiiée dans le dessein de revoir quelques amis et de gagner ensuite la Syrie ou l'Egypte. 11 y trouva plusieurs de ses compagnons dans la même inquiétude d'esprit, dans la même disposition d'âme; il n'eut pas de peine à les convaincre par ses discours,

i. Perforatam navcm dcbilis gubernator régit Hieron., Ep. 7,

2. Idcircoenim et nospatrias nostras dimisimus, ut quieti absqiie ullis simultatibus in agris et in solitudine viveremus : ut poiitifices Chrisli (qui tamen rectam fidem praedicant), non dominorum metu, sed patrum honore veneremur; ut deferamus episcopis ut episcopis... Non sumns tam intlati cordis, ut ignoremus quid debeatur sacerdotibus Christi. Patres se sciant esse non dominos. Hieron., Ep, 39, p. 339.

Page 1