‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 79 sur 255 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

nonie de souche barbare, et fils d'un simple eniployé des contributions à roffice présidial \ Maximinus s'était élevé, du rang d'avocat médiocre et obscur, aux fonctions administratives les plus importantes ' par un semblant d'impartiale sévérité qui n'était au fond que brutalité et inintelligence. Il ne mettait dans ses arrêts ni pondération ni mesure, et la justice n'était pour lui qu'une guerre de torture, de geôle ou de bannissement, faite à des coupables, vrais ou présumés, et non un moyen de réprimer ou de prévenir le crime. Des prêtres furent mis à la question, d'autres bannis en des lieux éloignés, le plus grand nombre exclu du séjour de Rome % Ursin et les siens crièrent au martyre plus haut que jamais, et l'odieux de ces mesures excessives retomba sur Damase, qui ne les avait point provoquées*.

Le trouble fut bientôt dans tout l'Occident. Rome conserva un noyau de schismatiques opiniâtres qu'aucune persuasion, aucune menace ne réussit à détruire ; en Italie, les évoques de Parme et de Pouzzoles se retirèrent outrageusement de la communion de Damase %

— Socrat., IV, 29. —• Baron., ad. ann. 368, 2. — Tillem., Mém, eccl. t: VIII, p. 393 et suiv.

1. Obscurissime natus, pâtre tabulario prsesidialis officii. Âmm. Marc,

XXYIII, 1.

2. Post médiocre . studium liberalium doctrinarum , defensionemque causarum ignobilem, et administratas Corsicam itidemque Sardiniam. Amm. Marc, xxviii, 1.

3. Multi tum clerici, tum laici, a Maximino supplicio aflfecti. Socr., iv, 29.

4. Quae res, factione Maximini prœfecti, saevi hominis, adinvidiam boni et innocentis versa est sacerdotis ; ita ut causa clericorum usque ad tormenta duceretur. Ruf., Hist. eccles., ii, 10.

5. Parmensis ppiscopua dejectus judicio nostro ecclesiam tamen retinet

H4 SAINT JÉfeOME.

et tJfsin, prômenatit avec lui ïsaâô et Paschasius, alla demande^ dé diocèse en diocèse un concile pour le juger, et assourdit TempéfeUr Valèntinien de ses plaintes. Cet empereur, incertain de ce qu'il devait croire, ou plutôt fatigué de toutes ces tracasseries, laissa Orsin rentrer dans Rome, où il reprit avec plus d'audace sa guerre de diffamation et de calomnie. Se portant hautement l'accusateur de Damase, il chercha à paralyser entre les mains du chef de l'Eglise romaine ta juridiction très-étendue que des lois récentes lui conféraient : c'était un moyen de laâser l'Église elleriiêniiB. « J'ai accusé Damase devant l'empereur, disait-il, je l'ai accusé devant les évêques, je demande qu'il soit jugé par un concile : or un accusé ne peut être juge, ses arrêts sont à l'avance frappés de nullité. Damase ne peut donc connaître d'aucune cause ecclésiastique; la justice du siège de saint Pierre est suspendue. M Ces déclarations n'étaient pas sans influence sur les esprits : les affaires languirent, et Vâlentinien, révoquant sa première décision, fut obligé de bannir de Rome tJrsin et ses diacres une seconde fois ; il retint Ursin prisonnier à Cologne ^

Là situation de Damase au milieu de tout cela était intolérable : il réclamait lui-même des juges ; il en demandait aux évêques, il en demand^jit à l'empereur, qui, espérant voir le schisme s'éteindre faute d'ali-

iôpudentér... damnirtùs séque Florentius Puteolanus... Réscr. Gtatian, Aug, âp. Gothofr. C. Theod. Append., t. VI, p. 2i.

1. Ursinum Gallia coercet, et ne motus aliquos inquiètes exerceat, cohibBt Agrippina secessio. Bescripl. Oral. Aug., sup.

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