LE PEUPLE
peintre du roi, peignait, paraît-il, les batailles avec succès ; les sujets ne lui manquaient pas. Le maréchal Berthier lui avait commandé à la fois huit tableaux de ce genre à cinquante louis pièce ^ Un peintre de gouache de quelque talent, du nom de Hunts, était en même temps musicien et homme d'esprit; ses trois enfants, qu'il avait élevés luimême, faisaient avec lui de charmants concerts de famille, que Crèvecœur entendit quelquefois.
La petite bourgeoisie et les habitants des campagnes sont jugés très favorablement. « Les Bavarois, dit-il, sont le peuple le plus respectable de l'Allemagne; pleins de probité, déloyauté et de franchise, soumis aux lois, aimant leur prince et faisant tous les sacrifices sans murmurer », avec cela doux et tranquilles, mais un peu indolents, aimant trop à manger et à fumer.
Ce qui le frappe beaucoup, c'est l'amour de la
des tableaux commandés par Berthier : la Prise d'Ulm, l'Entrée des Français à Munich et la Prise de Braunau. [Correspondance de Munich.)
I. Citons, à propos de peinture, une anecdote que Crèvecœur nous a conservée sur le roi de Suède. « Ce prince, dit-il, ne s'est jamais laissé peindre qu'une fois; encore, dans un accès d'impatience, donna-t-il un coup de couteau dans le tableau, blessure qui, quoique ayant été artistement réparée, est encore sensible. »