Une ménagère et une garde
3. Quelle différence de ton avec celui de Bossange ! « Les regrets de toute la France, dit-il en parlant de la mort de Volney, se sont mêlés aux larmes d'une épouse, modèle de son sexe, dont la bienfaisance fait oublier aux pauvres la perte de leur protecteur, et dont les vertus rappellent les cjualités de celui dont elle sut embellir la vie. » (Notice déjà citée.) Ce fut certainement une femme dévouée, qui non seulement entoura de soins la vieillesse de Volney, mais qui encore, après sa mort, sut défendre vaillamment sa mémoire. D'après Durozoir [Biographie Michaud), elle soutint en 1823 une polémique fort vive, dans le Journal des Débats, contre Bodin qui avait jugé Volney très sévèrement dans ses Recherches sur l'Anjou. (Voir page 261, note i.) Ce fut elle qui eut le dernier mot.
264 l'abbé GRÉGOIRE
étaient sorties, et, plutôt que de me répondre officiellement, il est venu avec M™^ Dubois revoir un instant ses pénates et payer mon attachement et mon amitié par le retour de la sienne... De retour d'un long voyage en Alsace et dans les Vosges, il est venu tout exprès de Paris passer quelques heures chez lui pour voir et embrasser M'"^ Otto et son vieux père. Je suis encore tout ému. . . Que ne puis-je répéter tout ce qu'il m'a dit et comme il me l'a dit ! sa voix, son accent, ses yeux et son cœur!... Comme nous nous sommes embrassés, comme il m'a serré les mains à plusieurs reprises!.,. Quelle rapidité d'idées, quelle vivacité et quelle netteté d'expressions ! quelle suave mellifluence ' .' Il connaît à fond toutes les universités d'Allemagne, il a résidé à Gœttinguen, Valma mater de tous les séminaires instructifs et littéraires qu'il y a dans le monde civilisé, et, sans savoir l'allemand, il apprécie les richesses inconnues de cette antique et belle langue.
Grégoire habitait assez rarement Sarcelles, mais il y était fort aimé.
I. Lady Morgan [la France, 18 18, tome II, p. 286) pade aussi de l'originalité et de l'attrait irrésistible de Grégoire, de la volubilité et en même temps de la simplicité de son langage. Les mémoires du comte Dufort de Cheverny , dont nous préparons la publication, donnent sur l'épiscopat de Grégoire des détails très circonstanciés. Dufort est aussi sévère que Crèvecœur est indulgent. C'est que l'un juge l'homme public et que l'autre s'attache aux qualités privées.