SOMMA-RIVA
C'était montrer beaucoup de sévérité pour un homme qui, d'après les témoignages contemporains', était fort séduisant et faisait un très noble usage de sa grande fortune. Crèvecœur trahit évidemment ici une jalousie involontaire contre ce nouveau venu si fort dans les bonnes grâces de sa protectrice. Du reste, son amitié ne devait-elle pas souffrir avec quelque raison de Y aimable indulgence que cette femme, jadis si charmante et si adorée, était trop heureuse de rencontrer maintenant, en échange d'une affection surannée et dont on riait autour d'elle- ?
Trois années d'absence, à Paris, c'est presque un siècle. On ne retrouve plus ses am.is, on est oublié de ses connaissances, et c'est oeuvre de patience que de renouer toutes ses relations interrompues. Aussi, dès son retour, voyons -nous notre voyageur se mettre en quête de ceux qui lui tiennent le plus au cœur. C'est l'excellente famille
1. Mme de Genlis, dans ses Mémoires (tome VI, p. 218'), fait de lui le plus grand éloge : « Un homme qui a le plus noble caractère et qui est, d'ailleurs, un ami si éclairé des talents et des arts... Je fus charmée de sa conversation qui est aussi spirituelle qu'instructive. » Voir aussi Sainte-Beuve, Portraits de femmes, p. 463-66.
2. Mi^e d'Houdetot , née en lySo, avait alors près de quatre-vingts ans.