PAYSAGE AMÉRICAIN
leuses arrosées par un ruisseau. A gauche, un jardin ' ; à droite, une grande cour verte, où sont les bâtiments d'exploitation et une dizaine de cases de nègres; plus loin, un très grand verger et des champs entourés de palissades. Dans la prairie, le colon se tient près de sa femme, assise sous un bouquet d'arbres. Au premier plan , un nègre guide une charrue qui porte un petit siège léger où se trouve un enfant \ Le fond du paysage est occupé par des collines boisées dont la plus élevée montre à son sommet une sorte de belvédère rustique au milieu des sapins qui ont donné leur nom à la plantation.
Ce dessin est certainement postérieur de beaucoup à 1770. Crèvecoeur, au début de son établissement, n'eut probablement pour abri qu'un
1 . On y remarque le sassafras qui fait le sujet d'une des plus jolies lettres du Cultivateur américain (t. I, p. 249). V. lettre du i^r janvier iSo-j [Correspondance).
2. « Un jour, dit Crèvecœur, en labourant les terres basses devant ma porte, je m'amusai à placer notre enfant dans un petit siège de mon invention fixé par quatre écrous sur la haie de ma charrue ; le mouvement de la machine, ainsi que celui des chevaux, le rendit heureux. Ce fut là, je me le rappelle encore, qu'il articula ses premiers mots, a [Cultivateur américaln, t. I, p. 63.) Nous avons entendu plus d'une fois notre aïeul Louis de Crèvecœur parler de cette promenade en charrue, un des premiers souvenirs de son enfance.