‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 297 sur 330 · Jacques Delille · texte numérisé non relu

Jacques Delille

MADAME DHOUDETOT 349

suivante, dont une copie est tombée entre nos mains. Nous croyons, en la publiant, ne mériter aucun reproche ni de l'un ni de l'autre.)

« Je ne puis, mon cher Delisle, contenir ma reconnaissance et me taire sur le ravissement que j'ai éprouvé à la lecture de votre dernier ouvrage. Je dois tout encore à cette déesse que vous chantez si bien.

Toi qui m'as rappelé les jours de ma jeunesse. Tous les rêves d'amour, de bonheur, de vertu Par toi viennent encore enchanter ma vieillesse ; Delisle, tu m'as tout rendu.

« Hélas! je vis ici avec des souvenirs dont vous n'avez pu trop vanter la puissance et avec des ombres animées par la puissance de celle qui vous inspire et qu'elle rend vivantes autour de moi. Pourquoi faut-il que je sois obligée de vous ranger au milieu d'elles ? Oh ! si vous vouhez encore venir quelques instants les invoquer autour de moi, vous réaliseriez un moment ces beaux songes à qui je dois encore tant de plaisirs : j'ai été tentée un moment d'être jalouse, pour la mémoire de inon ancien ami ', de tous les rayons de gloire qui vous environnent ; mais je me suis dit qu'il en jouirait s'il vivait encore, et j'aime bien mieux m'associer à ses vertus. S'il. est resté chez vous, mon cher Delisle, quelque trace de ces moments délicieux que nous avons passés -ensemble, réunis avec ce qui faisait la gloire et les plaisirs de notre temps, vous viendriez m'apporter, comme les dieux firent pour Enée, le rameau d'or nécessaire pour aller les retrouver dans l'Elysée. Songez que celle qui vous écrit a soixante et s^ze ans, etc. ^ »

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