‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 45 sur 87 · CHAPITRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIEME

Sommaire : Bienheureuse mort de saint Joseph. — Ce quis'y passa et comment Notre-Seigneur Jésus-Christ etsa Très-Sainte Mère y assistèrent.

d'exil, était fort proche, alla trouver son adorable Fils, et lui parla en ces termes : « Mon Seigneur et mon

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Dieu, Fils du Père éternel, Sauveur du monde, le temps de la mort de votre serviteur Joseph, que vous avez déterminé Par votre volonté éternelle, s'approche, ainsi que je le prévois par votre divine lumière. Je vous supplie, Seigneur, par vos anciennes miséricordes <t par votre bonté infinie, de l'assister en cette heure, afin que ss mort soit aussi précieuse à vos yeux que la droiture de sa vie vous à été agréable, et qu'il sorte de cette vie en paix, et avec des espérances certaines de recevoir les récompenses éternelles, que vous distribuerez le jour où vous ouvrirez par votre <lémence les portes du ciel à tous les fidèles. Souve- Dez-vous, mon Fils, de l'amour et de l'humilité de votre serviteur ; de la plénitude de ses mérites et de ses vertus, de la fidélité et de la sollicitude qu'il m'a

Notre Sauveur lui répondit : « Ma Mère, vos demandes me sont fort agréables et les mérites de Joseph me sont présents. Je l'assisterai maintenant et lui assignerai au moment venu une place si éminente entre les princes de mon peuple, que ce sera un sujet d'admiration pour les Anges, et pour eux comme pour les hommes un motif d'éternelle louange ; je ne ferai en faveur d'aucune nation ce que je prétends faire à

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Mère l'assistèrent jour et nuit, s'entendant pour qu'il ne fût jamais privé des soins de l’un des deux.

qu'elle fortitisit non seulement l'homme de Dieu, mais. encore tous ceux qui furent à même de la sentir du dehors, où beaucoup de personnes en expérimentèrent. les effets.

Un jour avant sa mort, étant tout enflammé du divin amour pour tant de bienfaits, il fut ravi en une

clairement l'essence divine, et découvrit en elle sans voile ce qu'il avait cru par la foi, tant sur la Divinité incompréhensible que sur les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, sur l'Eglise militante et sur les

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sacrements dont elle est enrichie. La très sainte Trinité le choisit pour être le précurseur de notre Sauveur Jé-us-Christ auprès des saints pères et des prophètes qui étaient dans les limbes et le charges de leur annoncer de nouveau leur rédemption et de les préparer à la visite que le même Seigneur leur ferait pour les tirer de ce sein d'Abraham et les introduire au lieu du repos et du bonheur éternels. L'auguste Marie observa toutes ces merveilles en l'âme de son Très Saint Fils comme les autres mystères ; elle sut comment elles avaient été manifestées à son Epoux biensimé et en rendit de dignes actions de grâces à cet

adorable Seigneur.

Saint Joseph revint de cette extase revêtu de splendeur et de beauté, et l'âme toute divinisée de la vue de l'être de Dieu; puis s'adressant à son Epouse, il

étant mise à genoux, pris aussi saint Joseph de la bénir comme son Epoux et comme son chef; et ce ne fut pas sans une impulsion d'en haut que l'homme de Dieu, pour consoler sa très prudente Epouse, lui donna sa bénédiction avant de s'en séparer. Elle lui baisa ensuite la main dont il l'avait bénie et lui recommanda de saluer

254 VIE DE 8. JOSEPH & ) de sa part les saints patriarches des limbes; mais le très humble Joseph, voulant fermer le testament de sa vie par le sceau de la vertu d'humilité, demanda. pardon à sa bienheureure Epouse des fautes qu'il pouvait avoir commises à son service, comme homme faible et terrestre, et la supplia de l'assister en cette dernière heure et de lui accorder l'intercession de ses. prières. Il témoigna surtout sa reconnaissance à notre adorable Sauveur des, bienfaits qu'il avait reçus de sa. main très libérale pendant toute sa vie, et particulièrement en cette maladie; puis, faisant un dernier adieu. à sa très sainte Epouse, il lui dit: « Vous êtes bénie. entre toutes les femmes et choisie entre toutes les. créatures. Que les Anges et les hommes vous louent,, que toutes les nations connaissent, célèbrent et exaltent votre dignité; que le nom du Très-Haut soit par- Vous connu, adoré et glorifié dans tous les siècles futurs, qu'il soit éternellement loué de tous les esprits bienheureux de vous avoir créée si agréable à ses. yeux. J'espère jouir de votre vue dans la patrie céleste. »

Après cela l’homme de Dieu se tourna vers Notre. Seigneur Jésus-Christ, et, voulant à cette heure solennelle lui parler avec un profond respect, il fit tous ses.

‘efforts Pour se mettre à genoux sur terre; mais le très doux Jésus s'approcha de lui et le prit dans ses.

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daigné, par votre bonté ineftable, ine choisir entre les hommes pour être l'Epoux de votre charitable Mère : faites, Seigneur, que votre propre gloire soit ma récompense durant toute l'éternité, » Le Rédempteur du monde lui donna sa bénédiction, et. lui dit: « Mon Père, reposez en paix, en la grâce de mon Père céleste et en la mienne : apportez à mes prophètes et à mes saints, qui vous attendent dans les limbes, l’heureuse nouvelle qu'ils touchent à leur Kédemption. » Au moment où notre aimable Sauveur disait ces paroles, le bienhe ses bras, et le divin Jésus tôt les Anges, qui entouraient leur Roi entonnèrent de doux cantiques de louanges. Ensuite ils conduisirent, Par ordre du souverain Roi, cette âme bienheureuse dans les limbes des saints patriarche, qui tous, aux splendeurs de grâce incomparable dont. elle brillait, reconnureut le bère putatif du Rédempteur

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du monde, et en lui son grand favori digne d'une

pourtant pas la causé principale. En effet, il aurait pu naturellement vivre plus longtemps malgré toutes ses infirmités, si elles n'avaient été aggravées par les effets et les accidents que produisait en lui le très ardent amour dont brâlait son très chaste cœur; mais, afin que cette bienheureuse mort fût plutôt un triomphe de l'amour qu'une peine du péché, le Seigneur suspendit le concours miraculeux par lequel il conservait les forces physiques de son serviteur, et empéchait que le divin incendie ne les consumât ; de sorte que, ce concours manquant, la nature succomba et les liens qui retenaient cette âme très sainte dans la prison du corps mortel, furent rompus; or c'est en cette x ssration que consiste notre mort. Ainsi l'amour fut la :lernière des maladies de Joseph que j'ai décrites: ce fut aussi la plus grande, puisqu'elle amèr.e le sommeil du corp; et la plus glorieuse, puisqu'elle contient le principe d'une vie assurée.

Tout le temps de la vie du plus heureux des hommes, saint Joseph, fut de soixante années et quelques jours. En effet, il épousa la très pure Marie à trentetrois ans, et il en vécut un peu plus de vingt-sept en sa compagnie. Notre auguste Souveraine ressentit une douleur naturelle de la mort de saint Joseph, parce qu'elle l'aimait comme son Epoux, comme un homme d'une sainteté éminente, comme son protecteur et son bienfaiteur. Sans doute cette douleur était en notre très prudente Vierge parfaitement réglée, mais elle n'en était pas moindre, attendu que mieux elle connaissait le degré de sainteté auquel était arrivé son Epoux entre les plus grands saints dont les noms sont écrits au livre de vie et dans l'entendement du Très- Haut, plus son amour était grand. Or, si l'on ne saurait perdre sans douleur ce qu'on aime avec tendresse, les regrets de Marie auraient-ils pu ne pas être proportionnés à la vivacité de son amour ?

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