‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 76 sur 87 · QUE Q · texte numérisé non relu

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VIE DE S. JOSEPH LU L de Dieu, son très chaste époux, le bienheureux Joseph : ce que Nous estimons de science certaine être, pour la Vierge elle-même, désiré et agréable,

Au sujet de cette dévotion, dont nous parlons publiquement pour la première fois aujourd’hui, Nous savons. sans doute que, non seulement le peuple y est incliné, mais qu’elle est déjà établie et en progrès. Nous avons vu, en effet, le culte de saint Joseph que, dans les siècles passés, les Pontifes Romains s'étaient appliqués à développer peu à peu ef à propager, croître et se répandre à notre époque, surtout après que Pie IX, d'heureuse mémoire, Notre prédécesseur, eut proclamé, sur la demande d'un grand nombre d'évêques, le très. saint patriarche Patron de l'Eglise catholique. Toutefois, comme il est d’une si haute importance que la vénération envers saint Joseph s'enracine dans les mœurs et. dans les institutions catholiques, Nous voulons que lepeuple chrétien y soit invité avant tout par Notre. parole et par Notre autorité,

Les raisons : et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l'Eglise et qui font que l'Eglise espère beaucoup, en retour, dé.sa pro-. tection et de son patronage, sont que Joseph fut l'époux de Marie et qu'il fut réputé le père de Jésus-Christ, De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute

VIE DE 8 JOSEPH 871 ———————__— qu'il ne peut être créé rien au-dessus, Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la Bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu'il n'ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. Le mariage est, en effet, la société et l'union de toutes la plus intime, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre l'un et l’autre conjoints. Aussi, en donnant Joseph pour époux à là Vierge, Dieu lui donns non seulement un Compagnon de sa vie, un témoin de sa virginité, un &gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un Participant de sa sublime dignité. Semblablement, Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, Parce qu'ila été, de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père, d'où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu'il lui obéissait et qu'il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs Parents. De cette double dignité découlaient d'elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, l’administra. teur et le défenseur légitime et naturel ds la maison divine dont il était le chef. I] exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le tours de sa vie

872 VIE DE S. JOSEPH re mortelle. Il s'appliqua à protéger avec un souverain anour et une sollicitude quotidienne son Epouse et le divin Enfant ; il gags régulièrement par son travail ce qui était nécesiaire à l'un et à l'autre pour la nourriture. et le vêtemu.i; il préserva de la mort l'enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages eb les amertumes de l'exil, il fut constamment le compagnon, l'aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.

Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l'autorité du père contenait les prémices de l’Eglise naissante. De même que la Très Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est la Mère de tous les chrétiens qu'elle a enfantés sur le mont du Calvaire, au milieu des souffrances suprêmes du Rédempteur ; Jésus-Christ aussi est comme le premier-né des chrétiens, aui, par l'adoption et la rédemption, sont ses frères

Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude. des chrétiens qui compose l'Eglise, c'est-à-dire cette immense famille répandue par toute la terre, eur laquelle, parce qu'il est l'époux de Marie et le père de Jésus-Christ, il possède comme -une autorité paternelle. Il est done naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois

à tous lee besoins de la famille de Nazareth et l’entourait saintement de sa protection, il couvre main. tenant de son céleste patronare et défende l’Eglise de Jésus-Christ,

Vous comprenez facilement, Vénérables Frères, que ces considérations sont confirmées par l'opinion qu’un grand nombre de Pères de l'Eglise ont admise et à laquelle acquiesce la sainte liturgie elle-même, que ce Joseph des temps anciens, fils du Patriarche Jacob, fut la figure du nôtre, et, par son éclat, témoigna de la grandeur du futur gardien de la divine famille.

Et, en effet, outre que le même nom, point dénué de signification, fut donné à l’un et à l'autre, vous connaissez parfaitement les similitudes évidentes qui existent entre eux: celle-ci d'abord, que le premier Joseph obtint la faveur et la particulière bienveillance de son maître, et que, étant préposé par lui à l'administration de sa maison,

‘ilarriva que la prospérité et l'abondance affluèrent, grâce

à Joseph, dans la maison du maître ; celle-ci ensuite, plus importante que, par l’ordre du roi, il présida avec une grande puissance au royaume, et en un temps où la diset-

te des fruits et la cherté des vivres vint à se produire, il

Pourvué avec tant de sagesse aux besoins des Egyptiens et de leurs voisins, que le roi décréta qu'on l’appellerait le Sauveur du monde.

C’est ainsi que, dans cet ancien patriarche, il est permis

874 VIE DE 8. JOSEPH EE de reconnaître la figure du nouveau. De même que Île premier fit réussir et prospérer les intérêts domestiques de son maître, et bientôt rendit de merveilleux services à tout le royaume, de même le second, destiné à être le gardien

. de la religion chrétienne, doit être regardé comme le protecteur et le défenseur de l'Eglise, qui est vraiment la maison du Seigneur et le royaume de Dieu sur la terre.

Il existe des raisons pour que les hommes de toute condition et de tout pays se recommandent et se confient à la foi et à la garde du bienheureux Joseph.

, Les pères de famille trouvent en Joseph la plus belle personnification de la vigilance et de la sollicitude pater- nelle ; les époux, un parfait exemple d'amour, d'accord et de tidélité conjugale, les vierges ont en lui, en même temps que le modèle, le protecteur de l'intégrité virginale, Que les nobles de naissance apprennent de Joseph à garder, même dans l'infortune, leur dignité ; que les riches comprennent par ses leçons, quels sont les biens qu'il faut désirer et acquérir au prix de tous ses efforts.

Quant aux prolétaires, aux ouvriers, aux personnes de condition médiocre, ils ont comme un droit spécial à recourir à Joseph et à se proposer son imitation. Joseph, en effet, de race royale, uni parle mariage à la plus grande et à la plus sainte des femmes, regardé comme le père du Fils de Dieu, passe néanmoins sa vie à travailler et

demande à son labeur d'artisan tout ce qui est nécessaire à l'entretien de sa famille.

Il est donc vraique la condition des humbles n'a rien d'abject, et non seulement le travail de l'ouvrier n'est pas déshonorant, mais il peut, si la vertu vient s'y joindre, être grandement ennobli. Joseph, content du peu qu’il possédait, supporta les difficultés inhérentes à cette médiocrité de fortune avec grandeur d'âme à l'imitation de son Fils qui, après avoir accepté la forme d’esclave, lui, le Seigneur de toutes choses, s'assujettit volontairement à l'indigence <t au manque de tout. °

Au moyen de ces considérations, les pauvres et tous ceux qui vivent du travail de leurs mains doivent relever leur courage et penser juste, S'ils ont le droit de sortir de la pauvreté et d'acquérir une meilleure situation par des moyens légitimes, la raison et la justice leur défendent de renverser l'ordre établi par la Providence de Dieu. Bien plus, le recours à la force et les tentations par voie de sédition et de violence sont des moyens insensés qui aggravent la plupart du temps les maux pour la suppression

desquels on les entreprend. Que les pauvres donc, s'ils veulent être sages, ne se fient Pas aux promesses des hommes de désordre, mais à l'exemple et au patronage du bienheureux Joseph, et aussi à la maternelle charité de l'Eglise, qui prend chaque jour de plus en plus souci de deur sort.

C'est pourquoi nous promettant beancoup de votre autorité et de votre zèle épiscopal, Vénérables Frères, et ne doutant pas que les pieux et bons fidèles ne fassent volontairement plus encore qu'il ne sera ordonné, Nous prescrivons que, pendant tout le mois d'octobre, à la récitation du Rosaire, au sujet duquel il a été précédemment statué, on ajoute une prière à saint Joseph, dont la formule vous sera transmise en même temps que cette lettre : il sera. ainsi fait chaque année, à perpétuité. A ceux qui réciteront dévotement cette prière, Nous accordons pour chaque fois une indulgence de sept ans et sept quarantaines.

C'est une pratique salutaire et des plus louubles, éta- - blie déjà en qu ques pays, de consacrer le mois de mars à honorer, par des exercices de piété quotidiens, le saint Patriarche. Là où cet usage ne pourra pas être facilement. établi, il est du moins à souhaiter que, avant le jour de sa fête, dans l'église principale de chaque lieu, un ériduwm. de prières soit célébré.

Dans les endroits où le dix-neuf mars, consacré au bienheureux Joseph, n’est pas fête de précepte, nous exhortons. les fidèles à sanctifier autant que possible ce jour par la. piété privée, en l'honneur de leur céleste patron, comme si c'était une fête de précepte.

En attendant, comme présage desdons célestes et comme témoignage de Notre bienveillance, Nous accordons affectueusement dans le Seigneur, à Vous, Vénérables Frères, à

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Votre clergé et à Votre peuple, la Bénédiction apostolique. Donné à Rome près Saint-Pierre, le 15 août 1889, de

Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienhenreux Joseph, et après avoir imploré le secours de votre très-sainte Epouse, nous sollicitons aussi avec confiance

qui vous a uni avec la ère de Dieu; par l'amour paterne!

l'Enfant Jésus, nous vous sup-

Protégez, Ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ ; Préservez-nous, 6 Père trèsair ant, de toute souillure, d erreur et de Corruption; soyez- Nous propice et assistez-nous, du h=ut du ciel, 6 notre très.

. 878 VIE DE S. JOSEPH ne votre secours, nous puissions vivre saintement, mourir : pieusement et oLteair la béatitude éternelle du ciel. Ainsi-soit-il.

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