LE SUPHF.ME TEMOIGNAGE
Rien lie saurait mieux: clore cette étude, où saint Justin a tenu la première place, que le récit de son interrogatoire et de sa mort. Car, à cette époque où le martyre était commun, il fut donné au platonicien converti, après avoir consacré toute sa vie à la défense de la foi clirétienne, de lui rendre devant les tribunaux l'honHuage d'une dernière affirmation et bientôt le suprême témoignage du sang. Justin, qui enseignait ostensiblement à Rome, s'attendait depuis longtemps à être poursuivi (1) : son attente ne fut |)as déçue. Dénoncé peut-être par Crescens, comme il le craignait, ou par ({uelque autre de ses rivaux, il fut traduit devant le préfet de Rome, en compagnie de plusieurs chrétiens dont quelques-uns au moins étaient ses élèves (2). Nous avons la chance de posséder de cette comparution des actes que tous les critiques regardent comme authentiques : il n'y a qu'à laisser la ])arole à ce simple et touchant récit.
« Dans le temps où les criminels défenseurs des idoles portaient dans les villes et les campagnes des décrits impies contre les pieux chrétiens, pour les forcer à offrir des sacrifices à de vaines idoles, ces hommes saints (Justin et ses compagnons) furent arrêtés et traduits devant le préfet de