LVI INTRODUCTION
la religion de l’État l’ensemble des cultes reconnus et autorisés par les Jois; mais, en vérité, rien n’était plus divers que ces cultes. La simplicité et la sévérité de la religion antique s'étaient profondément altérées avec la conquête. La politique constante du sénat avait toujours été de laisser aux nations soumises leurs mœurs et leurs coutumes religieuses, quand elles n'étaient pas un danger pour la paix publique, un scandale trop éclatant pour la morale, et qu’elles ne se présentaient pas avec un caractère d'exclusion décidée et de propagande hostile. Bien plus, le Panthéon romain s'était ouvert complaisamment à une multitude de dieux étrangers. Les divinités de la Grèce avaient reçu droit de cité à Rome avec les arts et la poésie. Celles de la Thrace, de l'Égypte et de l’Orient s’y étaient établies l’une après l’autre et avaient dans presque toutes les grandes villes de l'Italie des temples respectés. L’apothéose faisait de chaque empereur mort un dieu nouveau; et parfois même le prince se faisait dresser un temple, instituait un collége de prêtres pour servir ses autels, et usurpait de son vivant des honneurs que la servilité publique ne lui marchandait pas. Il y en avait de tout sexe, de tout âge et de toute forme : il y en avait pour présider à tous les éléments et à toutes les puissances de la nature, à tous les événements de la vie, à toutes les passions de l’âme humaine. A côté des douze grands dieux, les doyens de l’Olympe antique et de leur poétique famille de demi-dieux et de héros, une foule de divinités