‹ Saint Louis et son tempsChapitre 122 sur 207 · Ibid., t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, p

4. Ibid.. t. II, p. 365 et suiv. Voy. les belles études publiées par

donc dans cette œuvre le concours des populations de leurs villes épiscopales ; ils purent en outre y employer le talent d'architectes sortis de la vie civile: grands artistes dont les noms sont restés pour la plupart inconnus; et ceux qui ont échappé à l'oubli, Robert de Luzarches, Pierre de Montereau, Eudes de Montreuil, Guillaume de Sens, Thomas et Renaut de Cormont, Jean de Chelles, Pierre de Corbie, Yillart de llonnecourt, Libergier, Robert de Coucy, Erwinde Steinbach, dequi sont-ils connus sinon des archéologues et des savants*! École laïque et (jui n'en est pas moins profondément religieuse. Quand l'art a-t-il jamais mieux répondu à la destination de l'édifice qu'il avait à construire, aux aspirations de Pâme qui s'élève à Dieu ? M. Viollet-le-l)uc a le droit de dire, au point de vue de son art, que les architectes n'élevèrent pas la nef de leurs églises à cette hauteur par une aspiration vers le ciel, mais pour avoir du jour; il n'en est pas moins vrai que ces arcs brisés à la clef, que ces voûtes portées si haut dans les airs, semblaient répondre aux élévations de la prière ; et ces flèches élancées qui surmontent les églises, où est leur nécessité dans les règles strictes de l'art de bâtir'?

M. H. Revoil sur VArchitecture romane du midi de la France, 3 vol. infolio, 1874.

1. Ibid., t. VI, p. 109. Renan, Discotirs sur l'ëlat des beaux-arts, dans le tome XXIV de {"Histoire littéraire de la France, p. 697 et suiv. Cf. sur .es architectes, Lance, Dictionnaire des architectes français.

2. Pour les principaux détails de la construction des églises, notamment le transstpt « qui donne à l'édifice chrétien son caractère religieux », le clocher • signe visible de la grandeur de la cité, de sa richesse,... expression la plus sensible de la civilisation à la fois religieuse et civile:» les tours, \e portail, les roses, les travées, etc., voy. VioUel-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, à ces mots.

Les Monastères.

Les premiers architectes qui avaient présidé à la rénovation des églises, c'étaient des moines. C'est l'école de Cluny, nous l'avons vu, qui avait donné un si large développement à l'architecture romane et préparé le grand âge de l'architecture gothique. Il était naturel que l'on retrouvât aussi sa main dans l'œuvre de la reconstruction ou de la fondation nouvelle de couvents ^ Vers la fin douzième siècle ou le commencement du treizième, le prieur de Cluny fait rebâtir à Paris le couvent de Saint-Martin des Champs; l'abbé de Sainte-Geneviève reconstruit aussi son abbaye; un peu plus tard, l'abbé de Saint-Germain des Prés, laissant subsister son église, rebâtit un nouveau monastère qui fut achevé par un architecte laïque, Pierre de Montereau : le vaste et beau réfectoire qu'il y construisit et qui le désigna à saint Louis pour la construction de la Sainte-Chapelle, la chapelle de la Vierge qu'il y avait élevée dans le même style et dans le même temps (1 245), furent démolis en 1794^ L'église de Saint-Denis, sauf les

1. « Les clunistes avaient formé une école d'artistes et d'artisans trèsavancée dans l'étude de la construction et des combinaisons arcliitectoniques, des sculpteurs habiles, dont les œuvres sont empreintes d'un style remarquable : c'est quelque chose de grand, d'élevé, de vrai, qui frappe vivement l'imagination et se grave dans le souvenir. » (Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, t. I, p. 279.) Ils avaient aussi formé des corporations d'ouvriers : charpentiers, maçons, menuisiers, serruriers, etc., qui servirent de modèle et préparèrent la voie aux corporations laïques des douzième et treizième siècles (ibid., p. 281).

2. Ibid., p. 283. Émeric David [Histoire littéraire, t. XIX, p. 7-'i) dit à

parties reconstruites par Sufjer (le chœur et le porche, tombait en ruines et on n'osait y toucher tant elle était vénérée, parce qu'elle avait reçu, disait-on, la visite de Notre-Seigneur : ce fut le pape qui, consulté, dit de la rebâtir'. C'est de cette époque (1231) que date cette nef d'un style si élégant et si pur. La royauté aussi venait en aide à ces fondations pieuses. La mère de saint Louis fonda, avec le concours du saint roi, l'abbaye de Maubuisson pour des religieuses de Cîteaux : la reine aidait à créer des établissements de cette sorte dans les campagnes; mais au treizième siècle, non pas seulement les femmes, les religieux eux-mêmes cessaient généralement de cultiver la terre de leurs propres mains*. On a vu avec quelle magnificence saint Louis fonda l'abbaye de Royaumont, en exécution du testament de son père'; il concourut encore à la construction ou à l'agrandissement de beaucoup d'autres monastères, surtout de maisons de dominicains et de franciscains, ordres nouveaux qui étaient en voie de se répandre partout. Ilotes passagers d'une maison faite pour durer, les religieux donnaient à leurs constructions une solidité et une ampleur qu'on n eût point cherchées ailleurs : les salles capitulaires, les réfectoirs,les dortoirs, les cuisines mêmes avaient une structure vraiment monumentale. La cuisine de Fontevrault, qui

tort que cette chapelle de la Vierge fut construite après la Sainte-Chapelle. Elle fut commencée en 1245 par l'abbé Hugues d'Issy, qui mourut en 1248 (Gallia Christiana, t. VII, col. 451).

1. Chron. de Saint-Denis, dans les Hist. de Fr., t. \XI, p. 111, et Guill. de Nangis, t. XX, p. 321.

2. VioUet-le-Duc, t. I, p. 285. Les rois se rébcrvaient des logements dans les monastères. Ils y tenaient des réunions où l'on traitait des affaires publiques, ibid., p. 305.

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