‹ Saint Louis et son tempsChapitre 124 sur 207 · Viollet-Ie-Duc, t. IV, p. 467, t. V, p · texte numérisé non relu

Viollet-Ie-Duc, t. IV, p. 467, t. V, p

2. Ibid., t. I, p. 277. Cf. Renan, dans l'Histoire littéraire, t. XXIV, p. 631. « Les bénédictins, dit encore M. Viollet-ie-Duc, ne traitaient pas ies questions d'utilité avec le pédantisme moderne; mais en fertilisant le sol, en établissant des usines, en desséchant des marais, en appelant les populations des campagnes au travail, en instruisant la jeunesse, ils habituaient les yeux aux belles et bonnes choses. Leurs constructions étaient durables et bien appropriées aux besoins, et gracieuses cependant, et loin de leur donner un aspect repoussant ou de les surcharger d'ornements faux, de décorations menteuses, ils faisaient en sorte que leurs écoles, leurs couvents, leurs églises, laissassent des souvenirs d'art qui devaient fructifier dans l'esprit des populations. Ils enseignaient la patience et la résignation aux pauvres, mais ils connaissaient les hommes, sentaient que, en donnant aux classes ignorantes et déshéritées la distraction des yeux à défaut d'autres, il faut se garder du faux luxe et que l'enseignement purement moral ne peut convenir qu'à des esprits d'élite. Cluny avait bien compris cette mission et était entré dans cette voie hardiment ; ses monuments, ses églises étaient un livre ouvert pour la foule. Les sculptures et les peintures dont elle ornait ses portes, ses frises, ses chapiteaux, et qui retraçaient les histoires sacrées, les légendes populaires, la punition des méchants et la récompense des bons, attiraient certainement plus l'attention du vulgaire que les éloquentes prédications de saint Bernard. » {Ihid., p. 277-278). — On peut admettre cette heureuse influence, sans reléguer au second plan les effets si bien établis de la prédication de saint Bernard.

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saient pas avec la splendeur des bénédictins di; Cluny ou de Cîteaux. Le treizième siècle offre donc de nombreuses diversités à cet é^Mrd. De plus, l'inlluence du temps se lit sentir dans les dispositions des couvents fondés à nouveau. Chaque moine aura bientôt sa cellule ; l'abbé se fera bâtir une résidence à part, quelquefois à une assez grande distance des bâtiments principaux du couvent. Il a son entrée particulière, sa cour, son jardin. C'est un seigneur dont la vie ne diffère que peu de celle des laïques '. En outre, l'abbé étant un seigneur, il conviendra que l'abbaye prenne quelque chose des formes d'une résidence seigneuriale. Les monastères bâtis au treizième siècle sont des villes fortifiées; il y en a un qui fut une des plus fortes places du moyen âge : l'abbaye du Mont-Saint-Michel, reconstruite en 1203. Il est vrai que cette force n'était pas sans utilité pour la couronne. On le vit à diverses reprises et notamment dans la guerre de Cent ans*.

Des édifices d'un autre genre pourraient se rapprocher des monastères; car s'ils n'étaient pas contruits pour les religieux, c'étaient les religieux qui faisaient la part active de leurs habitants : je veux parler des Hôtels-Dieu. Saint Louis contribua aussi beaucoup à les agrandir et à les multiplier. Les Hôtels-Dieu de Vernon et de Pon toise furent achevés avec son concours en 1 259 ; celui de Compiègne avant 1260'. Une autre construction d'un tout autre

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