Ibid., t. VI, p
d'abord parce que les établissements religieux tenaient le premier rang dans l'ordre social; ensuite parce que les moines seuls étaient arcliitectes, peintres et sculpteurs, et qu'ils devaient apporter, même dans les constructions étrangères, quebpie chose de leur manière habituelle de concevoir un plan et de l'exécuter : grande cour qui, dans les palais, s'appelait le cloître; grande salle qui remplaçait le réfectoire; dortoir pour les familiers; logis séparé pour le seigneur comme pour l'abbé, hôtelleries pour les étrangers, chapelle, celliers, greniers, jardins, etc.'. Ces dispositions générales se maintiennent au treizième siècle avec les différences que l'architecture d'alors, « avant tout logique, » comme dit M. VioUetle-Duc, devait y introduire selon la différence des destinations :
« Autant qu'on en peut juger par l'examen des constructions civiles des douzième, treizième et quatorzième siècles, dit notre auteur, les données générales des palais comme des maisons étaient simples. L'habitation princière se composait de cours entourées de portiques; les écuries, les logements des serviteurs et des hôtes, en dehors de l'enceinte du palais. Les bâtiments d'habitation comprenaient toujours une grande salle d'un accès facile. C'était là que se réunissaient les vassaux, que l'on donnait des fêtes et des banquets, que l'on traitait les affaires qui exigeaient un grand concours de monde, que se rendait la justice. A proximité, les prisons; une salle des gardes, puis les cuisines, les offices avec leur cour et entrée particulière. Les logements des maîtres étaient souvent rattachés à la graud'salle par un parloir et une galerie. C'était là que l'on déposait des armes, des objets conquis; des peintures, des portraits ornaient la galerie. Les chambres destinées à l'hahitation privée étaient groupées irrégulièrement suivant les besoins; comme accessoires, des cahinets, des retraits, qucluuefois posés en