‹ Saint-Malo historiqueChapitre 106 sur 123 · V. Chapitre III, § i, p. 103, note · texte numérisé non relu

V. Chapitre III, § i, p. 103, note

BOURSAINT (Rue)

Pierre Boursaint, un des plus grands administrateurs de la marine française, s'éleva par son seul mérite. Né à Saint-Malo, le 17 janvier 1781, il débuta comme novice, puis comme aide-timonnier sur un navire marchand. Entré simple écrivain dans les bureaux du commissariat, nous le retrouvons, vers la fin de sa vie, commissaire général de la marine, directeur de la Caisse des Invalides de Tarmée de mer (18 19), conseiller d'État (1823), membre de TAmirauté (1831), commandeur de la Légion d'honneur.

On ne sait pour quelle cause il se donna la mort, à Saint-Germain (1833).

Par ses dispositions testamentaires, il léguait 100,000 francs à la Caisse des marins invalides de Saint-Malo.

En 1839, l'ancienne rue Saint-Buc fut appelée rue Boursaint.

Cette rue, très étroite et très sinueuse, part de la Grand' Rue et va rejoindre la rue des Petits-Degrés. Elle n'a d'intéressant que son nom.

Maison ou xiii' siècle (rue du BoïEk)

BOYER (rue du). 253

BOYER (Rue du)

L'une des plus anciennes de la ville, la rue du Boyer va de TEst à TOuest, de la place Broussais à la tour Notre-Dame. C'était, et c'est encore, la « rue des revendeuses ».

Nous Tappellions naguère rue du Bey, ce qui avait un sens, puisque la rue conduit directement à Tîlot. Le nom de Boyer qu'elle porte à présent se trouve, paraît-il, dans des documents du xviii*" siècle : on ignore malheureusement sa signification véritable.

Aux n°' 28 et 29 de la rue du Boyer, deux curieuses maisons en bois et en verre nous racontent, témoins véridiques et vénérables, ce qu'était au moyen âge Saint-Malo naissant. Ces vieux pignons sur rue datent du xiii*" siècle, peut-être même remontent-ils au xii*" et sont-ils contemporains de Jean de Châtillon. La maison du n° 28, en face de la rue Gouin de Beauchesne, est la plus belle et la mieux conservée; dans celle du n° 29, est né Yan Nibor, le poète des matelots.

Depuis 1809, la rue du Boyer communique, à la hauteur du n° 10, avec la place Duguay-Trouin.

2^4 l'A VILLE MUNICIPALE.

BROUSSAIS (Place et rue)

Jadis sur cette place, alors appelée place du Martroy ou du Pilori, le bourreau exposait, carcan au cou, et dûment « piloriait » les blasphémateurs, banqueroutiers, vendeurs à faux poids et autres gens notés d'infamie.

La rue qui, longeant la place, à TOuest, se continue jusqu'à la rue de Dinan, était appelée, elle, rue d'Entre les deux Marchés^.

En 1839, la place et la rue changèrent leurs vieux noms en celui du grand médecin malouin, Victor Broussais.

Broussais naquit à Saint-Malo, le 17 décembre 1772. Fils d'un petit médecin de Pleurtuit, il suivit la carrière paternelle, d'abord comme chirurgien de marine (1795), ensuite comme médecin militaire (1 804- 1808). Après de nombreuses campagnes en Italie, en Allemagne, en Espagne, Broussais fut nommé professeur au Val de Grâce, où il remplaça plus tard Desgenettes (1814-1820), obtint la chaire de pathologie à la Faculté de Médecine (1830), puis l'entrée de TAcadémie des Sciences morales (1832). Ses leçons

1 . Marché aux Légumes, place du Pilori ; Marché à la Viande, sur le Marché aux Légumes actuel.

BROUSSAIS (place ET RUE).

et ses ouvrages sur les phénomènes pathologiques, bien que ou parce que très vivement attaqués par les spiritualistes, lui valurent un succès de vogue considérable. Broussais se vit un moment chef d'École et auteur d'une révolution médicale. Vogue éphémère î Lorsqu'il mourut, à Vitry-sur-Seine, le 17 novembre i838, son influence et ses doctrines étaient déjà mortes.

Dans la rue Broussais, au n" 14, une maison légendaire attire les regards.

Elle consiste en une façade droite, percée de larges fenêtres, séparées seulement par des pilastres cannelés dont les chapiteaux sont, à chaque étage, d'un ordre différent : ionique au premier, composite au second, corinthien au troisième. On dit qu'elle fut autrefois couronnée d'un pavillon ou belvédère couvert en lames d'argent.

Cette fastueuse demeure a été biUie, vers 1G80, pour la fille d'un riche armateur de Saint-Malo, Demoiselle Guillemette Belin, par mariage ^ Dame marquise de La Marzellière, pieuse et sage personne, que tant de luxe chagrinait, qui consacra aux bonnes oeuvres une grosse part de sa fortune et établit, à ses

1. Mariage que la fiction a entouré de circonstances romanesques et dramatiques dont Ihistoire ne saurait se porter garant.

frais, en sa ville natale, les Sœurs de la Chanté de Saint-Vincent de Paul ^

L'aspect de la place Broussais a été singulièrement modifié, depuis une quarantaine d'années, par la construction de la maison Julienne, à l'angle oriental de la rue de la Paroisse *.

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