V. Torigine de ce nom à l'article Le Château
4. Existe encore, derrière la Poudrière ou tour de Bidouane. Ainsi que l'indique une date gravée sur la pierre, son échauguette ne fut bâtie qu'en 1654. — Cet ouvrage triangulaire était
LA PREMIERE ENCEINTE. >'
(1564); ordre de réparer partout les murailles (loO:»). Trop faibles étaient les tours de la Grand' Porte; on les remplace par ces tours formidables qui nous étonnent aujourd'hui (lo82-l;)83). Un peu plus tard, afin de rester libre entre Royaux et Ligueurs, la République malouine fortifie de nouveau ses remparts : en 1590, s'élève l'Arsenal^ ; en IIJOI, la tour La Moussa/e ^,
Finie chez nous, la guerre religieuse se transforma en guerre politique contre l'Espagne, sous Henri IV, sous Richelieu, sous Mazarin. Attendu que depuis la Ligue, les vaisseaux espagnols savaient trop bien la route des côtes bretonnes, Saint- Malo ne cessa
armé de huit couleuvrines, dont quatre battaient le Nord; et quatre, l'entrée de la Rance.
Entre le Cavalier et les remparts, se trouve le Parc à boulets, vide à présent, où s'entassaient jadis, en pyramides, bou'lets ronds, bombes et obus de tout calibre.
1. A l'intérieur du Cavalier. Sert maintenant d'atelier de dérouillage pour les armes de la garnison.
2. En 1591, Gouyon ou Goyon, baron de La Moussayc, zélé partisan de Henri IV, se rendait de Jersey en son chAtcau de La Roche-Goyon, depuis fort La Latte. Chassé par un corsaire de Saint-Malo, il vint donner dans le port, fut « traité honnêtement » mais enfermé au Château et contraint de payer une rançon de 12,000 écus. Avec cette somme, on construisit la tour La Moussaye.
A quel endroit ? Mystère jusqu'à ce jour. La Landclle dit près de la Fosse aux Dinanais; l'abbé Manet, au lieu et place <fe la tour Mouillée.
d'accroître ses moyens de défense. Une mauvaise tour, la tour Mouillée, fermait à peu près seule l'entrée du port: VÊperon^ la couvrit (lo98-lo99); la tour Battue et la poterne Brevet étaient mal protégées : devant elles, un fort ou demi-lune s'éleva sur Tîlot de La Croix des Ardrillés^ {i602). Ensuite furent construits le Ravelin^, pour masquer la Grand' Porte
1. Forte maçonnerie triangulaire, en même temps, briseiames et bastion. Armé de onze canons, VÉperon battait d'un côté la passe du Naye et de l'autre l'accès de la Grand'Porte. — Situé au croisement des rues actuelles d'Asfeld et de Toulouse, ce premier Eperon disparut lors du deuxième accroissement (1714). Il fut remplacé par un autre Éperon, en forme de fer à cheval allongé, dit VÉperon Saint-Louis^ parce qu'il commençait à l'angle Sud-Est du bastion de ce nom.
2. Ce fort de La Croix des Ardrillés était aussi appelé For/ CoUificliet^ par corruption du nom de CoUichet, sieur du Portail, qui contribua à son érection. Il était situé en face le n° 17 de la rue de Toulouse actuelle.
Les corsaires en sortant du port saluaient de leurs canons le Fort Collifichet.
3. Bastion massif, qui, bâti devant la Grand'Porte, en interdisait l'attaque et les vues directes. De son flanc Nord, une haute voûte conduisait, par une pente assez raide, à la cour intérieure du Ravelin, puis à la Grand'Porte elle-même. Dans cette cour intérieure, se trouvait, au Sud, une vaste salle qui servit autrefois de local aux Assemblées du peuple, ensuite à la Bourse du Commerce.
Vers 1825, la partie Nord du Ravelin fut abattue, et une cale, la cale aux huîtres^ monta verticalement de la grève à la Grand'Porte. La reconstruction du quai Saint-Louis (1839) fit disparaître ce qui restait du Ravelin.
LA PREMIERE ENCEINTE
(1644), et la tour de Bidouane ^ pour doubler les feux du Cavalier (1652).
Mais ni les couleuvrines des Champs-Vauvert, ni les canons de Bidouane, ne suffirent plus à défendre nQs passes quand la guerre de Hollande menaça d'y amener les flottes de Ruyter.
D'ailleurs les murailles de l'Ouest s'écroulaient. Un grave éboulement venait de se produire à la plateforme des Moulins-Collin(1674). Alors M. le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, ordonna le relèvement des remparts, depuis la tour de Bidouane jusqu'à la susdite plate-forme où il fit élever un gros bastion, — La Hollande ^, — destiné à canonner la rade (1674).
Ruyter ne parut pas. Mais dix-neuf ans après cette alarme, apparut la flotte anglaise. Et le bombardement de 1693 démontra la faiblesse de l'enceinte sur un autre point, sur le front Nord. On s'empressa d'y construire le Fort La Reine ^ (1694).
Les quatre accroissements, dont nous parlerons
1. Remplaça sur les rochers de ce nom la vieille tour de la Cloche. Après l'explosion de la tour La Mou^saye (liliS) et la démolition de la tour de la Cloche, les poudres lurent transférées à Bidouane qui resta la Poudrière jusqu'en 188'.). — V. Les Remparts^ même chapitre.