Nommé d'abord bastion Saint-Michel
2. Il y avait là trois moulins à vent : le Moulin-Collin au Sud, le Moulin-Macé au Nord, et, « au mitan », le Moulin-Bisault; mais l'usage les confondait sous le nom unique de Moulins- Collin^ celui-ci étant le plus ancien et datant de 1364.
sures, puis mis en barbette et fortement terrassé par ordre de Garangeau ' ; armé d'abord de canons de 24, et ensuite des grosses pièces, dont le comte de Toulouse fit présent à Saint-Malo^, le bastion de La Hollande resta longtemps, du côté de la rade, le meilleur ouvrage du corps de place. En mars 1793, on en suréleva le flanc gauche pour mettre sa batterie à couvert des feux de La Cité. En 1866, on y construisit une traverse-poudrière et une traverse-abri. Depuis 1889, le bastion, désarmé, a servi de manège aux chevaux des officiers et de champ de tir réduit aux soldats de la garnison.
Entre La Hollande et Bidouane, s'élèvent, étroite et sinueuse courtine, les vieux remparts ou Peiils Murs, Bien que rebâtis sous Louis XIV et récemment restaurés, ces Petits Murs, aux moellons inégaux, aux mâchicoulis rompus, sont encore à nos yeux l'enceinte
1. Trois des embrasures primitives subsistèrent longtemps, jusqu'en i866, près des grands escaliers.
2. Vingt-quatre canons en fer coulé: douze du calibre 3G et douze du calibre 48, que Monseigneur Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, duc de Penthièvre, Amiral de France et gouverneur de Bretagne, offrit, tout montés, aux Malouins en témoignage de leur belle défense pendant les bombardements des années précédentes (Janvier Kl'Jii). V, Rue de Toulouse, Chapitre IV, § ii.
En 1832, ces belles pièces furent envoyées à la fonte par le ministre de la guerre, sans que la ville ait pu en conserver une seule.
du xii'' siècle. Ils en suivent le tracé; peut-être, en conservent-ils les fondations; peut-être quelques pans de maçonnerie. Voici devant nous la Montée, le corps de garde ^ et la tour Notre-Dame ^ aussi appelée tour de la Découvrance, parce que les armateurs venaient y guetter l'arrivée de leurs navires ; voici poindre à droite le Cavalier des Champs- Vauvert^, à gauche la Poudrière ou tour de Bidouane,
Cette tour massive, en forme de fer à cheval, remplaça, dès 1652, la tour de la Cloche, qui déjà servait de poudrière à cause de sa proximité du parc à boulets et de l'Arsenal. Surmontée d'une plate-forme d'artillerie, couronnée d'embrasures dont plus tard on rasa les merlons (1748), la nouvelle tour battait les passes et la Rance ; pourvue à son étage inférieur de magasins voûtés, elle offrait aux poudres un abri plus sûr que sa faible devancière. Ces garanties n'endormirent point des craintes perpétuellement réveillées, craintes du feu du ciel, craintes d'imprudence et de trahison. En 1839, le génie plaça sur la tour un paratonnerre; aux époques troublées, on redoublait de vigilance et de précautions. De 1848 à 1852, un factionnaire armé d'une pique faisait éteindre pipes et cigares, interdisait toute approche après dix heures du
i. Actuellement atelier de serrurerie pour bâtiment.