LES PORTES MODERNES
On entre dans Saint-Malo par huit portes : une très ancienne, la Grand'Porte, dont nous avons parlé ailleurs, et sept autres, plus ou moins modernes, la porte Saint- Vincent, la porte Saint- Louis, la porte de Dinan, la porte Saint-Pierre, la porte des Beys, la porte des Champs- Vauvert, la porte Saint-Thomas.
La porte Saint- Vincent, construite en 1709, remplaça, du côté Est, Tantique poterne de La Croix du Fief ou de la Blatrerie, située jadis au fond de cette anse de Mer bonne que Ton dut combler lors du premier accroissement. La nouvelle porte, ainsi que le nouveau quartier, reçut le nom du diacre martyr saint Vincent d'Espagne, à qui Tévêque Hélocar avait, au ix*" siècle, dédié Téglise et la ville. Par suite du prolongement des quais jusqu'à la Chaussée (1717), la porte Saint-Vincent devint la véritable porte du Sillon; par suite du trafic toujours augmentant, il a fallu la doubler d'une seconde arcade (1890).
La porte Saint-Louis est une large baie cintrée, sans vantaux, pratiquée en 1874 dans la courtine Saint-Louis, à l'extrémité de la rue de Toulouse, pour faciliter le transit des marchandises, de la ville aux paquebots anglais et de ces paquebots à la ville.
La porte de Dinan fut ménagée dans le rempart du
deuxième accroissement (1714), en avant et à peu près dans Taxe de la poterne Brevet. Appelée d'abord porte de la Marine ou porte de la Mer, elle prit ensuite le nom de porte de Dinan à cause de la ville dans la direction de laquelle elle s'ouvre. On disait aussi la porte à V Évoque, attendu que c'était par là que les nouveaux évêques faisaient leur première entrée à Saint-Malo. Primitivement, une cale accolée aux remparts donnait accès à cette porte.
La porte Saint-Pierre a été percée, en 1871, au niveau des Hauts Sablons, entre la vieille poterne de Bon-Secours et La Hollande. Une rampe permet aux voitures de descendre sur la grève vers la chaussée des Beys. Aussitôt après l'inauguration de la porte Saint-Pierre, la poterne de Bon-Secours fut définitivement murée ^
La porte des Beys^ percée en 1884 dans la tour Notre-Dame, à douze mètres au-dessus de la grève où mène un escalier de bois accroché le long du rempart, abrège aux piétons le chemin des Beys et de l'embarcadère des bacs.
La porte ou poterne des Champs-Vauvert, de même
1. Elle s'ouvrait au milieu de la rue des Hautes-Salles, dans l'angle rentrant de la courtine qui relie la tour Notre-Dame à la Hollande. La maçonnerie plus fraîche indique encore la place qu'elle occupait. Un escalier de bois descendait de celte poterne aux Sablons.