ÉCOLE DES FRERES. 20I
Longtemps on chercha un local. Mademoiselle de La Grassinais, héritière des La Tandourie, avait revendiqué comme bien de famille, l'immeuble de la rue du Jard ; aucun acte de donation n'existant en faveur des Frères, elle avait été envoyée en possession et ne voulait pas renoncer au bénéfice du jugement rendu. Enfin, le 3J juillet 1819, Mgr TÉvêque de Rennes offrit l'ancien Petit Séminaire, situé à Tangle de la rue des Lauriers et de la rue du Grand- Placitre ^ Dans cette maison, successivementagrandie, les Frères dirigèrent, soixante-cinq ans, l'École communale (21 mars 1822-22 septembre 1887).
En Tannée scolaire 1886-1887, l'École comptait seize Frères et près de trois cents élèves, répartis en dix classes. Or, cette année-là. M, Brancion, préfet d'Ille-et-Vilaine, décida de faire appliquer les lois de laïcisation. Trois vacances s'étant produites dans le personnel professoral, l'Inspecteur d'Académie voulut remplacer par des laïcs les congréganistes disparus. Les Frères protestèrent ; l'opinion publique les soutenait. Mais le maire de Saint-Malo, M. Martin, ne les défendit pas. Les Frères donnèrent leur démission et quittèrent la rue du Point du Jour- (22 septembre).
i. Actuellement, dans la partie Sud de la rue du Point du Jour, encore appelée communément rue du Grand-Piacitre.
2. L'École communale laïque s'y installa; mais la ville paie loyer aux Frères pour la partie de Timmcuble qu'ils tenaient du Diocèse.
Une autre maison les attendait.
Prévoyant la crise, deux généreuses bienfaitrices. Mesdemoiselles Garnier-Keruault, avaient acheté et aménagé pour recevoir maîtres et élèves un bel hôtel de la rue Feydeau ^, où la rentrée se fît nombreuse et sans retard. Ce n'était qu'un asile provisoire. Derrière le bastion Saint-Philippe, on bâtissait le vaste établissement que les mômes bienfaitrices destinaient à rÉcole libre 2. Les Frères l'occupent depuis 1892.
Ils y ont ouvert des classes gratuites, des classes payantes et une Préparation à TÉcole d'Hydrographie.