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ARCHEVEQUE DE COLOGNE

Domino et Patri Philippe archiepiscopo, Dei gratia largiente, virtutum dote clarissimo, Guibertus suus in diademate summi Pontificis Christi inter pretiosos sacerdotum lapides perpetualiter coruscare

Est etiam et aliiis Jocus in secundo fere ab urbe Pictavensi milliario , vel , ut Gregorius Turonensis diligentius désignât, quadraginta distans ab jlia stadiis. £t locus iste inter colliculos vineis nectareos,in piano vallis amœnissimae situs, monachis et solitariam vitam diligentibus aptissimus, in quo \ir beatus (Martinus) , post regressum sanctissimi sui praeceptoris Hilarii,secundum sibi monasterimninstituit-

Ad hune ergo locum, susceptae peregrinationis ductu exigente, dum venissem, bénigne a fratribus exceptus, et agnita adventus mei causa, humanissime tractatus, ipsis ostendentibus , vidi loca, in quibus et mortuus suscita tus est, et segri ab omni génère morborum curati ; vidi montes et antra a quibus pernoxii viantibus , imperio et meritis ejus, dsBmones expuisi, et abacti serpentes; et in cunctis terminis fundi ejusdem magna perpetrata miracula. Yidi etiam ibi campanulam ipsius, cujus sonitu, in diebus ejus, ad celebrandas laudes divinas exciti colligebantur fratres, exiguitate sua (a duobus enim pueris in conto levissime ferri posset) superfluitatem nostrorum temporum vehementer redarguens, in quibus, in nonnuilis ecclesiis, non campanae sed cuppoî ingentes, quœ terriûco mugitu magis exterreant quam ad\ocent, exaltantur.

Quœ campanuia videlicet, sicut est altissimae paupertatis viri index, sic non est virtutis ejus experSj dum v^xati

dolore capitis vel dentium, ad eam in turri suspensam ascendentes, caputque ipsum, intra, paululum, cum precibus continentes , seu doloris (locum ?) ad labrum ejus confricantes , coopérante fide, interdum sanantur ; et quocuraque auditus fuerit sonus ejus dum puisa tur, tempestates et noxii fulgurum discursus, non plerumque sed jugiter, repellontur.

Quamvis autem copia signorum ibidem factorum inopem me reddiderit , dum obliviosus auditor ad omnia vel retinenda , vel referenda non sufficio ; unum tamen est quod nulla ratione praeterire potior, eo quod sit satis credibile et relatu facile, quod et a fratribus ejusdem loci, et, nisi ex recordatione fallor, quibusdam ex canonicis Ëcclesiâe sancti Hylarii Pictavensis. narrantibus comperi. Est autem hujusmodi.

Dum aliquando idem Hilarius , Romanae, ut ait Hyeronimus, eloquenti^se Rhodanus, ad ipsum Bcilicet Martinum, et sub ©jus norma Deo servientes, consolationis gratia , Ligugiacum (hoQ enim nomen est loco) venisset , cœlestis pastu doctrinae refertis fratribus dum revertitur, Martinus magistro et hospiti deferens et vicem rependere volens, iilum ad civitatem usque, circa horam peragendorum mysteriorum, comitatus est. Cumque temporis opportunitas ad celebranda pro consuetudine sacramenta sacerdotem urgeret, quaerit an in promptu haberentur necessaria. Relato vero a Ligugiaco MissaB apparatu , solus liber in quo conficiendorum ordo Sacramentorum continebatur , invenitur déesse, seu oblivionis negligentia, seu divinae dispositionis, quae Martinum magnificare intendebat, nutu intercurrente, ibi derelictus. Turbatus in hoc Hylarius , cum in Martinum sibi ministrantena quasi minus providum i^everius respiceret, coûtrémuit ille, magistrum putans commotum , et anxiatus est in eo spiritus ; et licet, pro homine, hora jam competenti, nullo modo jam referri posset, tamen dum aBstuans quaerit, sub céleri tate quem ad revelandum (revehendum?) transmitteret, ecce ei subito, in vestibule ecclesiae, Angélus

occurrens librum pro quo molestabatur in manum porrigit, et ad divina illum complenda IsBtum remittens, evanescit. Quod cum Beatus rescisset (rescivisset ?) Hylarius, exultans et alacer Deo gratias egit , et Martinum de cetero , non ut discipulum , sed ut socium débita veneratione excoluit. Gur enim jam loco haberet discipuli quem frequentioribus et majoribus quam seipsum illustrari signis divinitus conspiceret ?

Et haec quidem de Ligugiaco et de bis quae in eo gesta sunt sufficiant.

P. ^76. — PROCÈS-VERBAL DES ËX.CÈS, VIOLENCES, EXAC- TIONS COMMISES PAR LE SIEUR DE LA ROCHE-CHEME- RAULT ET SA COMPAGNIE DE GENS DE PIED, DANS LE BOURG DE LIGUGË , OU ILS AVAIENT LOGE MALGRÉ DES LETTRES DE SAUVEGARDE ET EXEMPTIONS ACCORDÉES PAR LE ROI AUX JÉSUITES DE POITIERS, LE 17 AVRIL 1637.

« Aujourd'hui par devant nous nottaires jurés sous la cour de la baronnie de Celle Levesco [sic] , Révérend Père Guillaume Babou, sindic du collège des Pères Jésuistes de la ville de Poitiers, auquel est uny le prieuré de cedit lieu de Legugé, assisté de messire Pierre prestre et de frère Jehan Brunetti coadjuteur aud. collège, lequeldit Babou et autres, parlant à messire de la Roche-Ghemerault, cappitaine conduisant une compagnie de gens de pied à trois heures de relevée, la voulant loger dans ledit bourg de Legugé le jour d'hier, à la dite heure, l'auroient, iceuxd. Babou et autres cy-dessus, prié et requis de ne point loger audit bourg et prieuré , en vertu de la sauvegarde et exemption obtenue de par eux du Roy , en date du dix-septième apvril mil six cent trente sept, signé Louys, et plus bas, par le Roy , Sablet^ et scellé avec la lettre d'attache de M. le Goua erneur, du dixième juing mil six cent trente-sept, signée Parabère, et par mond. seigneur , Armand, et scellé ; ensemble une lettre de recommandation de M. de Villemontée, Intendant pour le Roy en la province de Poitou , Angoumois, Onis [sic] et autres provinces, datée du vingt cinquième febvrier mil six cent trente-neuf : auquel ayant icelles représentées, et apprès lecture par luy faicte tant de lad. sauvegarde, attache de mond. seigneur gouverneur, que de la recommandation de mopd. sieur de Villemontée, il leur au-

roit dict et déclairé , en présence de plusieurs des habitans dudit bourg, quHl ne s'arrestoit poinct ausd. exemptions, d'autant qu'elles estoient surannées, et que d'ailleurs elles n'estoient poinct expédiées par son maistre , et qu'à cette occasion il ne laisseroit de loger. Et de faict feist rapporter les rolles des tailles de ladite paroisse, et en sa présence feist faire les logemens et distribua les billetz à ses soldatz, lesquelz, en conséquence d'iceulx billetz, s'allèrent loger cheux lesd. habitans , cheux lesquelz ne se sont pas contentez des vivres qu'ilz leur fournissoient en abondance, ont néantmoins commis plusieurs excez et battu hommes et femmes , jurant et blasphémant à tous les motz le nom de Dieu , et mesme exigé de l'argent de plusieurs habitans, oultre leur nourriture, et emporté leurs aigneaux, et entre autres, François Bobin et Hillaire Guyonnet, sa femme, qui pour une nuict leur a payé vingt solz, oultre leur nourriture , et battus ; et Michel Deschamps, payé vingt solz ; et Sournin Chilloc, excédé aussy à coup de baston, son fils et sa femme, oultre la nourriture, et payé vingt solz; et Pierre Hardy, vingt solz, oultre la nourriture, laquelle nourriture a cousté plus de trente solz ; et René Souffîseau , oultre la nourriture, pour laquelle il luy a cousté vingt cinq solz, et payé de rechefz vingt cinq solz, qu'il leur a donné et esté battu à coups de baston, et n'est que pauvre journalier ; et Barnabe Jaudouin, aussy journalier, leur a baillé trois livres, oultre la nourriture qui peut monter à vingt solz ; et Mathurin Bourry, journalier, qui a baillé quarante solz, oultre la nourriture qui revient à plus de six livres ; et non content, l'ont battu pour l'obliger à leur en donner davantaige; et Jehan Bertin, aussy journalier, battu sa femme et sa mère aagée de plus de quatre vingts ans, les ^5pulant contraindre de faire donner de l'argent, n'ayant peu^ faire, led. Bertin s'est retiré dans le prieuré pour éviter leur furie à tous ; et Marie Bergereau, pauvre femme vefve qui veist de ses bras, de laquelle ils ont exigé quarante solz ; et sont allé prendre ^ncore cheux Jacques Groussault, quarante solz ; et Jehan

Resty, journalier, Font contraint à payer vingt solz, oultre la nourriture, qui peut revenir à trente solz ; et Claude Mathé, oultre la nourriture qui se monte à cinquante solz , leur a donné autres cinquante solz ; et Charles du Reau, a donné, en tout qu'il a donné quarante solz, oultre leur nourriture, et n-est que journalier ; et Mathurin Guérin a esté contraint de quitter sa maison , et en le frappant disoient : « Voilà pour les Pères Jésuistes », lui a cousté trente solz ; et François Dairon qui apprès avoir esté excédé à coups de baston, a donné quarante solz ; et Jehan Jaudouin a donné en tout cinquante solz ; et Bazille Ferré en avoit cinq qui avoient brusié trois ou quatre logemens , et leur a donné, tant en argent que despens , plus de huict livrés ; et M« René Du Temple, mareschal, a donné, oultre sa nourriture, qui se monte a plus de dix escuz, à cause du logement du cappitaine, qui estoit assisté de son lieutenant , et son frère Tabbé, et d'un aultre faisant le gentilhomme, a donné trente--cinq solz pour leurs lacquais ; et Louys Gandin et Jean Bréard frères ont esté excédez à coups de baston et cassé de leurs meubles , les ont contrainct de leur donner trente-cinq solz et sont allez loger cheux Michel Reguilleau, pauvre laboureur , demeurant en la paroisse de Mezeaux, proche dud. Legugé , cheux lesquelz ilz ont faict de girands excès, battu, rompus ses meubles, exigé de luy trente solz et faict degast, tant de nourriture que de bestails qu'ils ont tués, plus de six livres ; et Jean Charat, journalier , oultre la nourriture se montant à plus d'un escu, ont exigé de lui à coups de bastons dix solz ; et Vincent Chaumillon, duquel ils ont exigé, oultre la nourriture, vingt solz ; Louys Loriou, mousnier du prieuré, auquel ils ont tué quantité de volailles, deux aigneaux, et tenu toute la nuict six chandelles alumées et faict despance de nourriture, oultre les excès, plus de dix livres, et a esté contrainct de se retirer dans led. prieuré pour esviter leurs excez et furie ; et Estienne Basty, mestayer dud. prieuré, qui en avoit huict, nombre qui ayant esté représenté

comme excessif par le susdit Père Babou, icelluy capitaine, nommé la Roche-Chemerault, auroif dit, en blasphémant le nom de Dieu , qu'il en vouloit aux Jésuistes, entre aultres au Père Bonnet , duquel il voudroit manger le coeur et les entrailles, et que expressément il estoit venu loger pour ce venger et les incommoder, et que s'il eut peu loger tout en lad. mestairie, il Teust faict. Et l'un de sa compagnie adjouta que s'il tenoit le Père Morin, il lui coupperoit les oreilles. Partie desquels soldats auroient battu led. Basty métayer et serviteur, et l'ayant battu, la nuict ce seroit retiré aud. Legugé et faict de despence de plus de dix livres. En oultre ont battu et excédé un nommé Gibet, d'aultant qu'il avoit esté cy devant serviteur desd. Pères, sans que led. Père Babou, qui prist l'épée , il l'eust blessé , ' ayant eu de luy vingt solz et nourri.

De tout ce que dessus nous avons octroyé le présent acte en la présence des subz délégués de mond. sieur de Villemontée et de Chambonneau , et encore de noble Guabriel Girard et de Pierre AUard, sergent royal, et de Pierre Bouchereau et plusieurs autres.

Faict à Legugé le sixième jour d'apvril mil six cens trente-neuf.

Signé : Guillaume Babou , syndic susdit. J. Brunetti. Girard. P. Allard. A. Bouchereau. P. Boireau. R. Du Temple. Allard. J. Dutemple nottaire , pour vérité de ce que dessus.

D'après l'original. Papier, Archives de la Vienne. Prieuré de Ligugè (copie de M. Rédet, ancien Archiviste).

ABBES ET PRIEUBS 0E LIGUGE.

Saint Martin, abbé (362-373).

Ursinus, abbé (vu* siècle).

Raymundus, Prœpositus (14 août 1065).

Willelmus, Prœpositus (vers 1088j.

Girardus, Prior (v. 1180).

hilarius (1197).

Guillelmus (1200).

Thomas (1242-1243).

Aimericus (décembre 1256).

Radulphus (30 novembre 1265).

Jean Baritaud. ... (23 février 1303, n. s.).

Jean de Gurzai. . . (1318).

Jean Pignerre (1396-1409).

Philippe de Colombiers (1 41 0).

Guillaume de Villennes (1 438-1 482).

ArthusDerveau, 1er prieur commendataire (1485-1501).

Geoffroi d'Estissac (1504-1542).

Jean d'Estissac (1542-1572).

Jean de Bideran, doyen de Saint-Hiiaire-le-Grand (de

1572 au 14. avril 1586).

Jean Thenot (1587-1591).

Etienne Deniau (1591).

Jean de Gaucourt (1594-1598).

Gaspard Le Franc (1 698-1 61 0) .

Claude Dufour (1003).

Le R. P. Dom Pierre Fôrron, prieur bénédictin (du 20 novembre 1853 au 25 novembre 1804).

Le T. R. Père Dom Léon Bastide, abbé bénédictin (depuis le 25 novembre 1804).

BENEFICES A LA NOMINATIOxN DU PRIEUR DE LIGUGE

AU XVie SIÈCLE.

1 Cure de Saint-Paul de Ligugé , archiprôtré de Lusignan.

2» Cure de Sainte-Marie-Magdeleine de Ruffigny, ibid.

30 Cure de Saint-Agapit d'AndiJlë, ibid.

4* Cure de Saint-Médard de Magné, archiprêtré de Gençay.

50 Cure de Saint-Hilaire de Paire, archiprêtré de Rom.

6» Chapelle de Saint-Jean de Curzai , en Féglise de Saint- Martin de Ligugé.

7* Chapelle de Notre-Dame* de-Pitié et celle de la Conception et Saint-Sébastien, en l'église paroissiale d'Andillé.

8* Prieuré de Saint-Remi-sur-Creuse , annexe du prieuré de Saint-Martin de Ligugé.

Comme seigneur de Ligugé, le Prieur avait tout droit de justice haute, moyenne et basse. Son domaine se composait des terres et seigneuries de Ligugé , Raboué , Ferrabeuf et Bonnillet.

La plupart des rentes dues au Prieuré se payaient le jour de la fête de saint Brice, c'est-à-dire le < 3 novembre.

Huit boisseaux à la. mesure de Ligugé en valaient neuf à la mesure de Poitiers.

Les notaires résidant à Ligugé étaient institués par le baron de Celle-l'Évôquau. (Note de M, Rédet, d'après les Archives de Ligugé.)

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