‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 107 sur 266 · CHARLOTTE · texte numérisé non relu

CHARLOTTE

plus éloquent des prêtres ou le plus saint des fidèles, par saint Paul lui-même, n'auraient pas fait sur lui la métne impression qu'en lui arrivant par la plume d'une femme d'un grand air et belle encore. J'en conviens, et j'ajott^ ta*ai qu'au dire de plusieurs personnes, la parole de cette femme avait tous ces rarefs attraits d'esprit et de douceur qui sont comme les privilèges de son sexe. Mais je n'admets pas que cela éélaircisse en rien là question, car Saint-Martin, qui se plaint si poétique^ ment de l'influence funeste que les femtnes, y compris madame de Bourbon, ont exercée sur son esprit, n'ao^ rait jamais rendu des hommages aussi éclatants à des qualités essentiellemeùt féminines. Et 11 notis dit trèssérieusement que madame de Bcecklin n'ét»t pas femas^^

<c Souvent j'ay rémarqué que les femmes, et eeux ded hommes qui se laissoient féminiser dans leur esprit^ étoient sujets à nsffionaliset les questions dé chode^, comme le ministère anglois a voulu nationaliser la guerre qu'il nous a faite en cette présente année 1793. Elles songent plutAt à mettre à couvert leur individu que la vérité et la justice. J'excepte toujours de ee jugement ma délicieuse amie B. . . , qui n'est pas femme, i^ (Portr., 348.)

Cela coupe court à toute hypothèse qui voudrait voir des faiblesses où il n'y eut que des.affections sublimes.

En somme, il demeure bien constant que ce foff uâe heureuse mortelle que madame de Bœcklin de Bœclt^ linsau, née Charlotte de Rœder ! Unique dans les annales de l'humanité, à toutes les grâces de son sexe elle a joint toutes les qualités du ùAtre ! Elle a eu du nôtre tout ce qui le distingue le plus, l'autorité et toutes les

DS BŒCKLUr. 171

vertus de l'esprit ! Et cela au jugement du plus illustre de ses amis et du plus célèbre des mystiques de notre âge.

Cependant ce ne fut pas elle seule, et ce ne furent pad les seules études qu'elle fit faire à Saint-Martin qui amenèrent dans les vues de son ami le progrès et la révolution philosophique qu'il date de Strasbourg.

Ce fut d'abord sur les conseils d'un personnage qu'il ne nomme même pas dans sa note sur cette ville, qu'il entreprit l'ouvrage qu'il y écrivit. Ce furent ensuite quelques circonstances spéciales qui modifièrent pr<H fondement sa pensée. Il y a donc lieu de compléter, par toutes sortes d'indications, sa note très-incomplète sous plusieurs rapports.

En effet, M. de Saint-Martin, arrivé dans la vieille cité des bords du Rhin avec des vues assez étroites en matière de science, d'histoire, de philosophie et de critique, en sortit au bout de trois ans avec des lumières générales qu'aucune femme, si distinguée qu'elle fAf, ni aucun homme, n'avait pu lui donner, et il n'a pu les tenir que de l'ensemble des idées et du mouvement au sein duquel il avait vécu, observateur d'un esprit trèsdélié, d'une Ame susceptible du plus rapide et plus coïl* sidérable développement.

Page 1