LA THÉOCRATIE
explique, un peu, Timpéluosité cpj'il faut lui reprocher beaucoup, c'est sa douleur de voir la religion elle-même proscrite, ditril, à cause de ses ministres, et le gouvernement de France^ au lieu de marcher sous F égide de la prière^ forcé pour sasi\reté à rompre toute espèce de rapport avec cette prière^ à être ainsi le seul gouvernement de Punivers qui ne la compte plus parmi ses éléments.
Je n'ai pas besoin non plus de faire remarquer que dans sa douleur Saint-Martin se réfute lui-môme. Si, comme il le dit, la France seule fut forcée à rompre, ce n'était donc pas la faute de la religion, qui continuait partout ailleurs ses rapports avec la politique, c'était tout au plus celle du clergé qui la représentait en France. Mais , dans ce cas, il n'était pas besoin d'une religion nouvelle ; il ne fallait qu'un clergé épuré par les épreuves de l'époque. Or le creuset d'nù sortait celui de France pouvait paraître suffisant aux yeux des plus exigeants.
Si cela fait tache dans la Lettre sur la Itévolution française^ cela n'ôte rien à la hauteur des principes. Ceux-ci sont aussi purs, aussi éternels qu'ils sont élevés. Ce que veut Saint-Martin, c'est ce que veut la raison, la philosophie la plus nette : le règne de la loi divine, l'établissement de l'ordre divinement voulu dans le monde, ou son rétablissement, s'il a cessé d'exister, et partout eu il cesse d'être, surtout dans les rapports de l'homme avec son principe.
Voilà la théocratie de Saint-Martin. 11 la qualifie de divine , et il l'oppose à la théocratie infernale. On s'est mépris sur ce mot, on l'a appliqué à la théocratie sacerdotale ou pontificale. Il s'adresse <i à TÉglise et