‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 157 sur 266 · LE TERME · texte numérisé non relu

LE TERME

D'autres fois il recevait à son tour, avec la docilité d'un élève, les leçons de son disciple : par ei^emple, quand celui-ci lui communiquait ses idées sur les mystères que M. d'Eckartshausen ne cessait de découvrir.

Ce mystique était Tobjet d'une sorte de culte pour Liebisdorf. Saint-Martin n'avait pas encore quitté Paris et les cours de l'École normale, quand le baron lui exprima le désir de le mettre en rapport avec son ami de Munich. (Lettre du 12 avril 1793.)

11 lui apprit, à cette occasion, un fait qui devait bien tenter sa curiosité : c'est que le théosophe de Bavière, a après bien des travaux et des souffrances, était parvenu au terme. » Mais, qu'on ne s'y trompe pas ; il n'était pas arrivé au terme de ses jours, mais seulement au terme de ses vœux les plus élevés dans ce monde :

« Il avait été gratifié d'une manifestation bien remarquable. »

Nous ignorons malheureusement la nature de cette manifestatioD. A la demande du baron, Theureux épopte lui rend compte de la manière dont il y est parvenu ; mais il ne nomme que son amour pour le Verbe et jette le voile sur le reste. L'auteur du Nuage sur le Sanctuaire s'était ouvert bien des sanctuaires et en avait peut-être créé une bonne partie, mais mieux que personne il savait aussi les couvrir de nuages. Qu'avait-il vu? Il ne se serait pas contenté d'une apparition de quelque défunt, de quelque ange ou de quelque apôtre, fût-ce même saint Jean. Comme l'École du Nord, il aurait visé plus haut. A-t-il vu, comme elle, la Cause active et intelligente, ou le Fils de Dieu, comme dit tout simplement l'abbé Fournie? A-t-il, comme le général

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