‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 173 sur 266 · EXCURSIONS · texte numérisé non relu

EXCURSIONS

dans ce charmant parc pu j'ay reçu autrefois de délicieuses intelligences et des impressions internes que je n'oublierai jamais. »

On remarquera le mot si modeste à' intelligences ; d'autres auraient mis hardiment celui de révélations,

« En y allant par les voitures d'Essonne, nous fûmes pris par un orage terrible; les chevaux, effrayés, furent prêts de nous jeter dans un fossé. On crut que nous avions couru le plus grand danger. Pour moi, je n'en vis aucun; et j'ai assez l'habitude pour ne pas croire au danger partout où je me trouve, tant j'ai reçu de marques de la bonté d'en haut. »

C'est là une des idées favorites de Saint-Martin : partout où il se trouve, il n'y a de danger pour personne.

a Au bout de cinq jours, j'en allai passer cinq autres à Champlàtreux,où je retrouvai tout le monde aimable comme à l'ordinaire. » (Portr., 759.)

Le nom de madame Mole n'est pas prononcé dans cette note , par la même raison que celui de madame la duchesse de Bourbon ne l'est pas : ces noms sont donnés par les lieux qu'il a visités.

Le rafraîchissement qu'il a trouvé dans ces courses faites, pour ainsi dire, au préjudice de son ami, lui pèse presque comme un remords, et il se hâte de le dédommager par une de ses lettres les plus longues, les plus instructives et les plus sages. Nous la citerons plus loin ; car elle répond à une série de questions du plus grand intérêt, et traite en particulier de la théurgie et de la communication avec les esprits , en place de quoi Saint-Martin conseille de mettre la communion ou l'union avec Dieu«

LA CLARIÉ DlRECTniCE. 287

Mais, si belle que fût cette lettre, elle ne tenait pas lieu d'une conférence avec Tauteur, elle ne consola pas les regrets de son ami, de voir Saint-Martin quittant la campagne prendre d'abord le chemin de Paris, puis celui d'Amboise, au lieu de celui de Berne. On est attristé de voir un homme aussi sage dans la conduite de ses revenus et dans celle de ses charités, réduit à ne pouvoir payer une place dans une diligence. L'idée d'accepter les offres de son ami eût fait rougir sa délicatesse, et celle de faire des dettes l'eût couvert de confusion. Ce désordre, dont d'illustres contemporains donnaient si largement l'exemple, eût été à ses yeux une sorte d'abdication. Liebisdorf comprend ces principes.

« Je me soumets, lui écrit-il, cher frère, au moyen péremptoire que vous employez dans votre dernière lettre, celui de la clarté directrice. Que sa volonté soit faite. Si ce n'est pas dans ce monde, j'espère vous voir dans un autre, pour vous remercier des excellents conseils que vous m'avez communiqués dans la suite de notre correspondance. »

Bientôt après il vit qu'il ne fallait plus compter du tout sur le voyage tant promis, car son ami, qui n'avait jamais voulu toucher aux dix louis d'or qu'il en avait reçus et qui les avait tenus emprisonnés dans son écrin, même aux jours les plus pénibles, le pria de lui indiquer la personne de Paris par laquelle il pourrait le plus sûrement les lui restituer.

Un second voyage que Saint-Martin fit d'Amboise à Paris, dans l'automne de la même année, avait le même sens pour le baron. Saint -Martin ne dit ni dans ses notes ni dans ses lettres le but ou l'objet de ce voyage,

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