‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 4 sur 266 · PRÉFACE. - VU · texte numérisé non relu

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Portrait , l'emphatique éloge de Tourlet et l'esquisse un peu plus développée et plus tempérée de Gence : les renseignements recueillis par M. Caro et ceux que M. Sainte-Beuve publia dans ses belles pages consa* crées au théosophe d'après le manuscrit autographe du Portrait en appelaient de plus complets.

Or, si la doctrine de Saint-Martin, qui n'est pas en politique une simple théocratie , ni en philosophie un simple mysticisme, mais qui est une véritable théosophie sur le gouvernement des choses divines et humaines, peut offrir aujourd'hui un intérêt tout spécial, cela est encore plus vrai de sa vie.

D'autres de nos contemporains, — car Saint-Martin est de notre siècle et des nôtres, — ont joué assurément dans l'enseignement, dans l-Ëtat et dans toutes sortes de carrières, un rôle bien plus considérable, plus éclatant et plus facile à marquer que celui d'un simple officier d'infanterie, simple élève des premières Écoles normales, auteur et chef d'école, sans doute, mais au demeurant plus grand dans la direction spirituelle , qui est de sa nature peu appréciable de la part du pubUc, qu'en aucune autre situation. Mais, sous le point de vue des idéalités et des aspil*ations morales, je ne con-

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nais pas de vie contemporaine, si haut que je la cherche, qui puisse être mise au-dessus de la sienne , encore qu'elle soit défectueuse en fin de compte.

J'ajouterai que c'est là ce qui m'a le plus attaché à cette étude, et que, ce qui m'a paru le mieux mériter un peu d'attention partout en l'état où nous sommes, c'est cette existence si pure et si sereine au milieu de tant d'orages, si détachée en face de tous les attachements les plus vifs et des plus impérieux intérêts. Quand autour de lui tout est, ou bien passion, ou violence, ou persécution, ou peur, Saint-Martin est calme, aimant, sûr, désintéressé : le sage en personne. Et il Test, non pas de par sa nature, mais de par sa volonté et sa raison.

Cela est toujours beau , et pour nous, aujourd'hui, cela est un peu plus beau que pour d'autres en d'autres circonstances.

Voilà ce qui m'a attaché; et ce qui m'a ùài croire qu'un certain nombre de feuillets sur Saint-Martin pouvaient offrir quelque attrait ou quelque utilité.

J'ai eu des raisons spéciales pour écrire ces pages».

Une rare bonne fortune a fait tomber entre mes mains, dans un voyage à l'étranger, les deux petits volumes manuscrits du traité de dom Martinez, De laRéinté-

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ffraiion^ dont je ne connais que deux exemplaires, Tun en France , Tautre dans la Suisse française. J'ai donc pu comparer les deux copies les meilleures qui existent de cette relique devenue si rare.

Le propriétaire actuel des manuscrits de Saint-Martin, légués par celui-ci à M. Gilbert, par M. Gilbert à M. Chauvin, manuscrits dont on a fait récemment la vente à un de mes amis, a bien voulu les mettre tous à ma disposition.

J'ai pu consulter de même deux copies de la célèbre correspondance , en majeure partie encore inédite , de Saint-Martin avec le savant patricien de Berne. Et j'ai pu joindre à ces lettres si instructives, celles, inédites aussi,ducomte deDivonnequem'a communiquées M. le baron de Stenglin, ainsi que celles de Maubach, et celles de madame de Bœcklin, la plus célèbre d'entre les amies de Saint-Martin, et que m'ont communiquées les personnes de Suisse et de France qui les possèdent.

Sans être tout à fait du groupe de Saint-Martin , il s'en était formé un, en Suisse, autour de son ami de Berne, le baron de Liebisdorf, groupe composé principalement du conseiller d'Eckartshausen , de mademoiselle Lavateretde mademoiselle Sarazin ; puis un autre en

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