MESMER
célestes où Ton voit Goethe faire le catéchisme et Socrate présider le culte. Cependant l'attention des curieux a pu s'attacher dès lors à l'étude de ces phénomènes, qui s'adressaient à tout le monde dans leur nouveauté. M. de Saint-Martin avait de la personne de Mesmer une opinion peu favorable ; c'était à ses yeux « un matérialiste, mais qui disposait d'une grande puissance.» On comprend donc l'importance qu'il y avait pour des spiritualistes tels que Saint-Martin et d'IIauterive, de s'assurer par eux-mômes de la valeur d'une découverte qui occupait toute l'Europe. Encore aujourd'hui nous sentons le besoin de 'nous rendre compte, par nousmêmes, de ce que ces phénomènes, et de plus étranges, offrent d'illusions ou de réalités. Au risque même de nous compromettre quelque peu aux yeux de la critique h parti pris et de la négation de l'inexpliqué quel qu'il soit, chacun veut, en un siècle d'investigation méthodique, si l'occasion est bonne, avoir rsdson par lui-môme de faits beaucoup plus merveilleux et d'une plus grande portée que ceux du magnétisme thérapeutique ou extatique. Cela est juste , et lorsqu'il éclate dans une région quelconque du monde civilisé , dans une classe quelconque de la société, un mouvement d'une ambition plus haute encore que celle dm cosmographe armé de ses lunettes et à la recherche des espaces infinis, l'indifférence serait une faiblesse aussi grande que la crédulité. Quand l'astronomie a, par ses télescopes agrandis, tant agrandi les espaces et multiplié les sphères, il est tout simple que la pneumatologie essaye à son tour de les peupler ; il est tout simple aussi que l'esprit humain tente de faire marcher