‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 67 sur 266 · ET LES INTELLIGENCES, 9S · texte numérisé non relu

ET LES INTELLIGENCES, 9S

de France de son ancien chef, était sinon le successeur reconnu de ce dernier, du moins le principal initiateur à la doctrine de l'École. La communication de ses in" teUigences et le rejet sur Tarrière-plan des formes ou des cérémonies constituaient, on le voit^ les deux points les plus essentiels de sa mission. Ce qui caractérise bien Tère où Saint-Martin entre dès qu'il est séparé de son maître, c'est qu'il attache le plus grand prix et applique toutes ses facultés à cette initiation supérieure , à cette œuvre épurée où les formes font place au recueillement, les cérémonies et les opérations extérieures à la méditation, à l'élévation vers Dieu et à l'union avec lui. Il ne veut plus d'assujettissement aux Puissances et aux Vertus de la région astrale. A cet apostolat dans les voies intérieures il consacre son existence et dévoue toute son ambition. Il veut y réussir. S'il veut plaire, ce n'est pas pour sa personne ; c'est pour ses desseins de conquête, de vie spirituelle, qu'il recherche le grand monde, les grands écrivains, et les hommes de science comme les gens de lettres. Il ne s'agite pas. Dieu seul est sa passion, mais il est aussi la passion de Dieu. Il le dit, car il n'a pas mauvaise opinion de sa personne. Au contraire. Il pense, par exemple, que sa parole directe gagnera plutôt les âmes que tout autre moyen. Mais il n'est ni vain ni suffisant. Il est humble , si humble qu'il en est timide. Il n'ignore pas qu'il abesoin, pour valoir tout ce qu'il est, qu'on l'encourage, qu'on le fasse, pour ainsi dire, sortir de lui-même. Ce fut à ses yeux le grand mérite d'une de ses meilleures amies , de madame la marquise de Chabanais, de le faire sortir de lui-même. C'est ce qui l'attacha si fortement à cette

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