‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 115 sur 360 · ECCE HOMO · texte numérisé non relu

ECCE HOMO

l’ange de celui-ci; mais qu’il cessera d’exister dans sa différence, dès qu’il sera complètement rempli de l’éternité. C’est par Y organe homme , répondant à Y organe Dieu , que s’accomplit ce magnifique procès. Notre rentrée dans la pensée divine tient à l’avénement de celle-ci dans notre âme, ou, pour conserver le style figuré de l’auteur, notre résurrection avec Dieu ne peut avoir lieu que par l’ensevelissement de Dieu en nous. Son avènement en nous fait le nouvel homme en nous. Nous avons perdu la filial i té de Dieu , le Fils de Dieu nous la rend; il nous rend Dieu en nous ramenant à Dieu.

Tout cela se ressent des théories de Swedenborg. Mais le reste est bien de Saint-Martin, et quelques-unes des vues les plus essentielles de l’ouvrage sont d’un théosophe qui va son chemin à lui.

Saint-Martin ébaucha à Strasbourg un second ouvrage qu’il publia plus tard, et encore sous un titre biblique, Ecce homo. 11 le composa, non pas à la demande, mais pour les besoins spéciaux de madame la duchesse de Bourbon ; et il nous apprend lui-môme, dans sa curieuse lettre à Kirchberger du 28 septembre 1792, le dessein qu’il y poursuivait. La piété un peu étroite de la princesse, son penchant à s’aider de toutes sortes de moyens, sa foi exagérée aux merveilles des magnétiseurs et aux oracles des somnambules, ne trouvaient que trop d’aliments dans la ville où Cugliostro avait fait si aisément tant de miracles, et M. de Puységur tant de cures. Les appréhensions et lesbouleversementsdc l’époque enfantaient une rare curiosité et de singulières investigations sur l’avenir. La princesse, très-préoccupée de sa position personnelle depuis l’émigration d’un mari sorti de

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