LES RAISONS
faite, il était libre. S’il ne partit pas, c’est qu’évidemment il avait d’autres raisons que cette distribution, la composition nouvelle, les devoirs de l’amitié ou les besoins moraux de Paris, et des raisons qu’il ne pouvait dire. L’aimable baron les devina : quand il eut répondu à tous les prétextes de son ami, il supplia que les frais de la visite fussent pour lui seul. Dès ce moment, Saint- Martin fut bien obligé de laisser là scs faux-fuyants. Mais rien ne put fléchir sa généreuse indépendance, et loin d’accepter l’offre la plus sincère du monde, poussé à bout il mit ses hésitations sous le pavillon d’une raison qui ne souffrait pas de réplique : l 'absence d’une suffisante clarté. Entre mystiques, il n’y avait pas à cela de réponse possible. Le baron se rendit avec toute sa pieuse et sincère générosité. « Il ira voir Saint-Martin en France, sans renoncer à l’espoir de le voir en Suisse. »
Cette promesse, il la réalisa aussi peu que le gentilhomme français la sienne; mais la douce perspective, si ingénieusement ouverte à tous deux, charma la tristesse que le temps répandait de plus en plus sur les jours de l’un et de l’autre.
En attendant, Saint-Martin consola ses regrets le mieux qu'il put par quelques excursions plus faciles et réellement intéressantes pour sa mission. Eu voici deux dont il rend compte dans ses notes :
«J’ai revu Petit-Bourg en juin 1797, j’y ai passé cinq jours avec la dame du lieu, son amie Julie et l’ami Maubach. »
La spirituelle comtesse Julie deSérent, qui est aussi l'amie du comte de Divonne, et Maubach nous sont connus.
« J’y ai goûté de doux souvenirs en me promeuaul