‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 36 sur 360 · CAZOTTE · texte numérisé non relu

CAZOTTE

l’air d’y croire, et chez nos voisins leur authenticité sert d’argument à des théories aussi hasardées que sublimes, témoin l’un des ouvrages les plus cités du mystique Young ou plutôt Jung Stilling, pour lequel Saint-Martin exprima plusieurs fois les mêmes sentiments d’estime que Goethe et Lavater.

Cazotte était très-croyant au milieu de gens qui professaient le doute ou affectaient l’incrédulité. On l’appela crédule et bonhomme, deux des épithètes les plus cruelles parmi uous. Mais s il est un Cazotte de la fable convenue, celui de l’histoire ne lui ressemble guère.

Cazotte, élevé à Dijon et à Paris par les plus habiles professeurs, s’illustra comme commissaire de la marine à la Martinique. Il s’y était lié, en vertu de ses goûts littéraires, avec le procureur général des Jésuites, le P. Lavalette. Ruiné par la banqueroute de ce hardi spéculateur et obligé de lui intenter ce fameux procès qui devint celui d'un ordre célèbre, Cazotte plaida avec tout le sentiment de son droit, mais aussi avec toute la reconnaissance due aux maîtres chéris de sa jeunesse, et se fit un des plus beaux noms de l’époque. Un héritage, un mariage, des écrits recherchés, que tout le monde connaît, lui tirent, grâce à ses goûts modestes, une fort douce existence. 11 se partageait entre Paris et sa campagne de Pierry, près d’Éperuay. Un élève de Martinez de Pasqualis attiré chez lui par une des plus charmantes compositions qu’il eût publiées (le Diable amoureux ), le croyant très -versé dans la science des démons, l’entretint de la pneumatologie de son maître et lui inspira le désir de l’étudier. Cazotte en profita d’une façon admirable , car il s’éprit d’amour pour le spiritualisme

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