‹ Saint Nicholas IerChapitre 28 sur 104 · INTRODUCTION. XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXVII

les Iconoclastes; clic fut une nécessilé de la situation politique et relig^ieuse; elle sortit par degrés de l'état de ritalie et du monde chrétien, au moment où l'ambition lombarde avait fait disparaître de la péninsule cette autorité impériale que les papes avaient été longtemps seuls h respecter, quoiqu'elle ne fût plus qu'une étiquette et un nom. Il faut le reconnaître également : jamais Etat ne fut aussi longtemps onéreux à la puissance qui avait coopéré à sa fondation, ne lui créa plus de difficultés, ne se prêta aussi peu à assurer son repos et à jouir en paix du fruit de ses bienfaits. Ceci tient h des causes antérieures à cette création et qui ont été pour la première fois mises en pleine lumière par M. l'abbé Duchesne *. Voici les principales :

Au vii*^ siècle^ il y avait à Rome une double influence, celle de Vexercitusromanus et ceWe du pape et du clergé. \jexejxitus formait une aristocratie locale comprenant le duc de Rome commandant en chef, des commandants de place dans les localités de son ressort, un préfet de la ville, de hauts et nombreux dignitaires de l'ordre civil. Tout ce monde et son état-major constitue une population assez considérable qui a sa place à part dans la cité, une influence bien marquée dans les affaires locales, surtout dans l'élection du pape, influence qui devint d'autant plus considérable au viii'^ siècle que, l'exarque de Ravenne ayant disparu, le duc de Rome n'était plus nommé que par V ejcercitus débarrassée de l'ingérence d'une autorité supérieure. S'il n'y avait pas eu une influence plus grande à côté de lui, et s'il avait

I. Les premiers temps de C Etat pontifical. Paris, Tliorin, 1^98, iii-8°.

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été capable de repousser les Lombards, ce duc aurait fait de Rome un Etat analogue à Venise ou à Naplcs, et en serait devenu le chef.

Malheureusement pour lui, il se trouvait en présence d'une influence qui avait plus d'autorité et de crédit à Rome, en Italie, dans le monde entier : le pape et son clergé. J'ai montré plus haut le prestige religieux du pape qui lui permettait de se faire écouter jusque chez les Wisigoths, les Francs, les Lombards, les Anglo- Saxons, les Germains, de TElbe au Rhin ; or, à la même époque, son action n'était pas moins grande dans les affaires temporelles de Rome et des pays environnants. « Beaucoup de services relatifs à Tédilité, à l'approvisionnement, aux travaux de voirie ou de défense militaire, étaient confiés à sa sollicitude, et surtout recommandés à ses finances. Sans agir directement par son personnel de clercs, il s'occupait néanmoins de choses fort terrestres, entretien des aqueducs, réparation des remparts, direction des entreprises militaires. Beaucoup de fonctionnaires, sinon en droit, du moins en fait, étaient à sa nomination Cette haute influence, inspirée par un loyalisme sincère, avait rendu, sous les p;)pes Grégoire II et Grégoire III, des services signalés'. » Telle était donc la situation à Rome au temps d'Etienne II, au début des Carolingiens : deux influences rivales, le duc et le pape, l'aristocratie militaire et l'aristocratie ecclésiastique, qui se seraient disputé le pouvoir si l'une n'avait pris le pas sur l'autre. La façon dont l'autonomie fut acquise donna la victoire au clergé, « car ce que les Francs firent pour l'Etat romain,

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