‹ Saint Nicolas IerChapitre 12 sur 108 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

immenses. De longues dissensions ecclésiastiques avaient amoindri la foi dans ces contrées; les nouveaux maîtres ne ménageaient pas les promesses séduisantes aux chrétiens tentés d'abjurer leurs croyances, et ne reculaient pas devant des vexations pour arriver à ce but, quand l'occasion leur paraissait favorable. Plusieurs lois des califes n'eurent pas d'autre objet que de provoquer les apostasies : on exemptait les renégats de la capitation, on rendait la liberté à ceux des esclaves ou des serfs des chrétiens qui passaient à l'islamisme. Beaucoup de chrétiens manquèrent de persévérance. Avec le temps, le christianisme s'éteignit tout à fait dans le nord-ouest de l'Afrique.

tt L'église de Carthage, qui avait le plus de vitalité, disparut vers 1160. L'Eglise n'avait même pas la ressource des conversions pour compenser ses pertes, car la peine de mort, prononcée contre les transfuges de l'Islam, opposait à la propagation de l'Evangile parmi les mahométans un obstacle presque insurmontable.... Plus d'une fois de grandes souffrances éprouvèrent la constance des chrétiens. La plus cruelle et la plus longue de ces persécutions éclata au milieu du ix*^ siècle (85o), non toutefois sans qu'il y eût de la faute des chrétiens. Les uns avaient insulté publiquement le prophète, crime capital aux yeux des musulmans; d'autres s'offraient volontairement au martyre. Le concile de Cordoue (852) dut intervenir et défendre expressément de se présenter devant l'autorité pour confesser la foi, lorsqu'on n'avait pas été mandé. Le zèle irréfléchi de certains chrétiens, entretenu par le prêtre Euloge de Cordoue, plus tard archevêque de Tolède, et par son ami Alvare, ne céda qu'avec regret

Page 1