‹ Saint Nicolas IerChapitre 60 sur 108 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Nicolas P*", ainsi qu'on a pu le voir dans les chapitres précédents, ne considérait pas la primauté papale comme un simple honneur n'entraînant aucune obligation, maïs bien comme un lourd fardeau, comme une charge qui lui imposait la responsabilité du monde chrétien et le forçait de tendre les bras à tous, de laisser venir, d'appeler à lui tous les opprimés, de tout voir, de tout entendre, de tout sui^veiller. C'est cette idée qui l'inspira dans l'exercice de sa puissance législative; c'est elle aussi qui est le secret de la juridiction qu'il a revendiquée et qu'il a exercée avec autant de fermeté que d'indépendance. Il est le premier pasteur et, à ce titre, il a le droit et le devoir de porter partout sa sollicitude : « La sollicitude de notre charge pastorale nous fait un devoir rigoureux, le poste éminent où la divine Providence nous a préposé a la garde de toute sa maison nous impose de regarder notre sublime apostolat, cette pierre angulaire établie

dans rÉglise sur le modèle de la véritable pierre (le Christ), comme destiné à offrir aux fidèles et aux humbles un refuge assuré et inébranlable contre lequel viennent se briser les flots courroucés de Ten-

nemi*. »

L'expression la plus claire et la plus vive de cette idée est dans la lettre qu'il écrivit en 865 aux évêques des Gaules pour les inviter à réserver un accueil favorable a Rothade qu'il venait de rétablir. C'est la pièce capitale à étudier quand on veut bien comprendre l'idée qu'il se fit de sa juridiction et de ses prérogatives h l'égard des évêques*. On retrouve le développement des mêmes principes dans le préambule de la lettre assez vive qu'il adressa en 866 aux nobles Aquitains qui détenaient injustement des biens ecclésiastiques*.

On sait aussi comnâent Jean, archevêque de Ravenne, rebelle aux avertissements de la cour de Rome, apprit à ses dépens que l'appui des grands du monde ne pouvait plus couvrir un coupable et tombait sans effet devant l'inflexible volonté du Pape.

Aux conseils, aux avertissements Nicolas joint, quand il le faut, de sévères châtiments. Ainsi non seulement il excommunia Gûnther et Thietgaud, mais encore* il annonça leur dégradation à tous les évêques de Ger-

I. Ep. 3a, Migne, 1. c. col. 821. — Cf. ep. 79, col. giS. a. Ep. 75, col. 904.

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